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Échecs au parc – Samedi 17 août

Un  rayon de soleil : le  sourire de la charmante Margot.

Plus de place aux tables. Un banc fait l’affaire. J’aimerai vous dire que l’affluence était telle que nous manquions de place. Un peu honte de vous l’avouer !… M’absentant du parking quelques minutes pour aider notre doyen Michel, je me suis fait piquer 7 chaises ! Bravo Claudius ! Début maussade et vénère de ce sixième Échecs au Parc. Heureusement, le sourire de Margo et de son ami Charles, venus nous rendre visite, dissipa vite la grisaille. Rendez-vous samedi prochain… avec de belles chaises neuves !

P.S. Pour la désinstallation, certains petits plaisantins m’ont fait remarquer que c’était bien, il y avait moins de matériel à ramener. Aucune compassion dans ce club !

Philippe en Bordelais


« Ce week-end là, je suis recruté par l’équipe une pour jouer les utilités dans les derniers échiquiers, mais par le jeu d’absence en cascades, me voilà bombardé au premier ! » Philippe nous conte ses aventures au pays des grands crus au fil de deux parties : l’une d’un bon millésime et l’autre se terminant en bouillie… bordelaise évidemment !


2 RÉFLEXIONS SUR « PHILIPPE EN BORDELAIS »

  1. Bravo Philippe !
    En dépit de sa modernité, la 2e partie a un parfum délicieusement « romantique » …et je m’y connais !
    Bernard.

Saturne rond pour Benoît

Notre savantissime Benoît sur l’Est Républicain du 2 août. Cliché Pierre Laurent.

Après Bernard Courtot et ses coléoptères, c’est le tour de notre ami Benoît Noyelles de faire la une de l’actualité régionale. Astrophysicien à l’Institut Utinam de Besançon, il a découvert un élément clé sur la formation des anneaux de Saturne, la deuxième plus grosse planète du système solaire. Lire l’article sur L’Est Républicain.

2 RÉFLEXIONS SUR « SATURNE ROND POUR BENOÎT »

Le jeu de la dame enragée

Nous nous trouvons à la fin du XVe siècle, au moment où la dame devient selon l’expression consacrée « enragée », à une époque charnière de l’histoire des échecs. Étonnante expression utilisée dès l’origine, dès qu’elle fut capable de traverser toutes les cases libres de ses lignes en devenant la pièce la plus puissante de son camp. Enragé avait-il alors le même sens qu’aujourd’hui ? Il était alors employé au sens de passionnée, frénétique, impatiente. « Notre dame enragée aux échecs est de cette qualité. Elle guerroie ; l’amour courtois devient amour combattant […] La reine des Échecs passe de l’état de dame réservée à celui de dame passionnée.¹ »

Abbaye bénédictine de Beuron en Bavière – Manuscrit du XIIIe siècle

Cette transformation s’inscrit dans l’air du temps, reflétée dans la littérature. Le Lai de la Belle Dame sans mercy de 1424, le célèbre poème d’Alain Chartier, met en scène une dame décidée à s’affranchir de l’amour courtois. Présentée comme libre de toute passion, cette femme froide et prudente à la dialectique sans défaut, impitoyable, repousse les avances de l’amoureux, ne voulant plus être considéré comme la déesse de l’amour inaccessible. En un mot : une femme très moderne pour ce Moyen-âge. Le scandale causé par ce texte fut considérable et influença la belle société pendant tout le siècle, en France, mais aussi hors des frontières, en particulier en Espagne. La diffusion de cette littérature à la gloire des dames et le changement de regard sur la femme a certainement un lien avec la mutation des pouvoirs de la reine dans le jeu d’échecs.

« Si Martin Le Franc (dans Champion des dames), écrit Jean-Marie Lhôte, est le premier auteur à qualifier certaines femmes d’enragées, peut on admettre qu’il influence directement la transformation de la dame en dame enragée dans le jeu d’échecs ? Il est évidemment impossible de le dire. Mentionnons seulement les passages qui vont dans ce sens. Le premier se trouve en ouverture de l’œuvre : strophe curieuse placée en exergue ; elle est un appel, un véritable coup de clairon ; elle occupe à elle seule une page entière. C’est la proclamation d’entrée :

A l’assault, dames, à l’assault !
A l’assault dessus la muraille !
Ores est venu en sursault [à l’improviste]
Malebouche en grosse bataille. [avec une grande armée]
A l’assault, dames ! Chascune aille
A sa deffense et tant s’esforce
Que l’envieuse vilenaille
Ne nous ait d’emblée ou de force !
[…]

Pour ce temps il faut
Femmes en bataille arrengier
Pour attremper [tempérer] et corrigier
L’abus des hommes et l’orgueul. (
[…]
Mais nous debvons esmerveiller
Qu’elles eurent le hardement [la hardiesse]
D’entreprendre et de traveiller
Si très chevaleureusement,
Et qu’en hautain gouvernement
Passerrent sens et force d’omme.¹»

Que la femme surpasse l’homme, l’idée n’est pas neuve au XVe siècle ; la singularité est de voir chez Martin le Franc, la femme devenue une combattante, une diablesse enragée. L’édition a pu parvenir en Espagne dans les années 1490, même si le texte date d’un demi-siècle plus tôt. « Est-ce la première fois que la femme se trouve ainsi qualifiée d’enragée ? Il le semble. Est-ce l’origine directe de la métamorphose de la dame dans le jeu d’échec ? C’est possible. Quoi qu’il en soit, ce texte de Martin Le Franc est un solide repère pour comprendre la métamorphose de la dame dans le jeu d’échecs à la fin du XVe siècle.¹ »

Tristan de Léonois – Tristan et Yseut jouant aux échecs, XVe siècle

¹ Jean-Marie Lhôte – Martin Le Franc et la dame enragée.

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Adoubement

Un petit problème : les Blancs jouent et gagnent en un coup ?

Occasion manquée

Dans cette position, je chasse la R par a6,
sans voir le petit coup tactique pourtant pas si difficile à trouver !

Histoire belge

Pendant Chambéry, notre ami Benoît Noyelles, de son côté, participait au Tournoi International du Pays de Charleroi en pays wallon, en Belgique. Tournoi à l’ambiance sympathique et bon enfant à en juger par les photos. Il y réalise un score de 4,5/9.

Benoît, au centre, mains jointes, en pleine concentration avant la mise en route de la pendule. À moins que notre astrophysicien invoque la faveur des astres pour éviter le désastre !

« Bravo pour m’avoir retrouvé sur ces photos. Accessoirement, sur celle de gauche, j’ai perdu en faisant une gaffe (un pion d’avance, mais déconcentré par excès de confiance, j’ai raté la finale). Par contre, à droite, contre un compatriote de Metz : un pion d’avance, on entre en finale, et je me dis “Ne pas refaire de gaffe … ne pas refaire de gaffe …” Et je l’ai gagnée, celle-là. »

Benoît

Ce fou d’évêque

Dans les deux dernières décennies du XIVe, le jeu d’échecs connaît une transformation profonde. L’esprit même du jeu à changé. À son introduction en occident, vers l’an mille, il est une activité aristocratique, presque un rituel (amoureux parfois) d’une lenteur cérémonielle qui s’accorde bien avec la vie des classes aisées. Une noble dame joue quelques coups avec un beau chevalier, laissant là l’échiquier pour un festin. Ils y reviennent le lendemain pour quelques coups encore, passant peut-être rapidement à de plus doux combats. Puis c’est une chasse ou un bal…

Livre d’heure de Maastricht, 1er quart du XIVe siècle

Mais tout cela paraît bien long et ennuyeux pour l’homme de cette fin du XIVe. De nombreux coups sont nécessaires pour que les forces ennemies entre en contact au centre de l’échiquier. Ce jeu renouvelé alla rabiosa, avec cette dame enragée, est actif, dynamique et il faut d’emblée tenir compte des coups de l’adversaire. Avec cette Dame qui parcours l’échiquier à grandes enjambées, pas question de penser à la bagatelle. Le mat qui rode vous amoindrit la résolution amoureuse.

L’autre changement notable dans ces nouveaux échecs concerne le fou (bishop, l’évêque dans les pays anglo-saxons). Lui aussi peut à présent se déplacer sur n’importe quelle case, tant que le chemin en diagonal est dégagé. Il y aura fallu cinq cents ans pour que la reine et le fou puissent arriver à ce niveau de force. Et donner à la reine et au fou (l’évêque) une plus grande force tactique sur l’échiquier, reflet du monde réel, c’était reconnaître leurs formidables positions dans la vraie vie.

Un évêque (fou) de l’Île de Lewis, XIIe siècle

UNE RÉFLEXION SUR « CE FOU D’ÉVÊQUE »

Chambéry 2019

Bernard et Jean-François soutiennent notre président en grande difficulté  !

Une nouvelle fois, nous voici dans la belle ville de Chambéry pour son 25e Festival International d’échecs. Dix tépégistes ont fait le déplacement : Christophe Robbe, Daniel Blardone, Gilles Vernier, Claude Hugonnot, Jean-François Corsini,  Cécilia Diaz, Jean-Pierre Sonnet, Bernard Py, Bernard Pellaton et Philippe Guyot et comme groupie Thierry Vernier.

Ronde 1

Ronde 2

Les tépégistes se sont séparés en deux factions, l’une citadine reste sur Chambéry, l’autre installée à Curienne, première marche du Massif des Bauges.

Faute d’atteindre les sommets échiquéens, la faction montagnarde grimpe vers les cimes. Au fond, le Mont Blanc. Crédit photo : Christophe Robbe

UNE RÉFLEXION SUR « CHAMBÉRY 2019 »

  1. La TPG ! a t elle affrété un bus pour Lourdes lors de la journée de repos ?
    Quelques dévotions vaudraient mieux qu’humiliation. Et puis, on ne sait jamais certains pourraient trouver refuge dans quelques communautés anonymes.

L’ancien club des échecs de Besançon

Notre ami Pascal Tournier me fait parvenir cet article (dont pour l’instant, je ne connais pas l’origine) qu’il dénicha, il y a quelques années, à la Bibliothèque d’étude et de conservation. Adrien Nicklès, pharmacien à Besançon (1853-1936), y conte ses souvenirs du Cercle des Échecs fondé en 1868, sans doute autre nom de la Société des Échecs de Besançon¹, relatant la vie et la mort de cette association. Mais, comme le Sphinx légendaire, elle renaîtra de ses cendres quelques années plus tard pour donner naissance à la Tour Prends Garde. L’article suivant, évoquant le film Le Simoun sorti en salle en décembre 1933, nous donne une date pour cet écrit. Étonnant que l’auteur n’y parle pas de notre Tpg créée pourtant, toujours à la Brasserie Granvelle, en 1929. Peut-être que, pour ce vieux bonhomme de 80 ans, les jeunots à l’initiative de cette toute nouvelle Tour étaient-ils des « rigolos » ? Je suis étonné également de ne pas y lire le nom de Charles-Jules-Nestor Bavoux, l’un des fondateurs de l’École des Beaux-Arts de Besançon, président à l’origine de cette éminente société.

« La disparition des baraques auxquelles, du côté de la rue de la Préfecture, le grand mur du Palais Granvelle servait de support, ravive, dans le cœur de quelques anciens, le souvenir d’une petite société qui eut son temps de splendeur. Il s’agit du Cercle des Échecs, qui fut fondé en 1868 par un petit groupe d’amateurs dont faisaient partie le conseiller Clère, le marquis Sylvestre de Jourfroy², Phil. Faucompré³, Cretin, les peintres de Lispré et Honoré Chapuis, etc. André Zani⁴ fut le dernier survivant des fondateurs de ce groupe, cette Faculté des Échecs, qui se réunissait dans une petite salle du Café Granvelle. La renommée du Cercle dépassait les limites de la Franche-Comté. De grands et célèbres joueurs de l’époque venaient s’y mesurer avec nos as.

Après la guerre de 1870, de nombreux adeptes vinrent grossir le groupe initial. Les colonels de l’Eglise, Rossigneux, Ferreux, de nombreux officiers de tous grades : Bretenet, Roisin, Guillemenot, Busy, Jager, Bourgoignon, etc. Puis Bernard Dietrich, les Antoine, Laureaux Ligier, surnommé Barodet à cause de ses opinions avancées !! (le pauvre ne serait aujourd’hui qu’un vulgaire réactionnaire), Mandereau, Contausset, Delacroix, Baudin, Sirot, le père Zorn, Nicklès, etc., etc. Franche camaraderie et bonne humeur régnaient en maître dans ce cénacle où se côtoyaient les opinions les plus opposées. Les tics et petites manies individuelles s’y donnaient libre allure au cours des parties engagées. Chacun, suivant son tempérament, trouvait ses inspirations en chantonnant quelques mesures, toujours les mêmes, d’un air favori, trouvait ses plus beaux coups en mâchant entre ses dents un bout de son mouchoir, pendant qu’entre ses doigts, il faisait grincer les pièces capturées. Un beau coup pour F…, c’étais un coup viandeux. Pendant les parties en train , c’était une cacophonie déconcertante pour un non-initié, cacophonie ambiante qui n’a jamais distrait Barodet⁵ de la création des problèmes d’échecs et de dames que, pendant de longues années, il envoya au Monde illustré.

Le colonel Rossigneux, un de nos forts joueurs, était d’une distraction digne d’un fort en X… Quelques camarades, un jour, arrivent au Cercle à l’heure habituelle des séances du soir. Ils voient le colonel absorbé sur son échiquier. Sans répondre au salut des arrivants, il leur dit : « Je vous laisse ; ma sœur s’inquiéterait si elle ne me voyait pas ne pas rentrer pour déjeuner ! » Entré au Cercle avant midi, il s’était oublié jusqu’à 5 heures à la recherche de solutions.

Le jour des réunions générales était jour de liesse. La séance officielle était suivie d’un concert improvisé au cours duquel de nombreux talents cachés de pianistes, guitaristes, chanteurs se donnaient libre cours.

Les rayons de notre bibliothèque étaient riches en journaux et ouvrages qui facilitaient l’étude des grandes parties classiques. C’est surtout à l’occasion des tournois qu’ils étaient mis à contribution. Il y en eut des passionnants, de ces tournois dont certains nous valurent d’honorables mentions. Quand, par cartes ou télégrammes, nous parvenaient les réponses des concurrents, le grand sanhédrin se réunissait au complet pour la discussion de la pièce à manœuvrer. Dans un de ces grands tournois, nous aurions décroché, au lieu du second, le premier prix sans l’insistance d’un camarade, auquel on eut le grand tort de céder, et qui fit avancer une pièce qui n’était pas la bonne.

Honoré Chapuis (1798 -1896), le peintre cité plus haut – Un coin de Granvelle, 1891.
Ce coin, opposé à la Brasserie Granvelle, n’est autre que le Pavillon du Helder,
détruit en 1925, où se réunissaient les joueurs bisontins de la Belle Époque.

Nous sommes, dit-on, presque [… ] mortels ; même les sociétés les mieux assises courent au-devant de cette éventualité. Il fut indispensable, à un moment donné, d’accentuer le recrutement. Ce fut, hélas ! le début du déclin. Les cartes, graduellement, prirent le dessus au détriment du noble jeu des Échecs et des Dames. Le nombre, toujours grossissant de nos sociétaires nous obligea à déménager ; d’abord au Pavillon du Helder, puis à la Brasserie Viennoise. La vogue fut-elle que nous fûmes obligés de limiter à cent le nombre de nos sociétaires, et il y avait toujours une longue liste de candidats qui attendaient leur tour d’admission. Mais survint la guerre, et avec elle la fatale et graduelle débandade. Le chiffre réduit des camarades nous ramena à notre primitif Granvelle. C’est là qu’était né, c’est là que s’éteignit, il y a quelques années, notre regretté Cercle des Échecs. »

Adr. Nicklès

Les rescapés du naufrage continuèrent cependant à s’y rencontrer et c’est là, qu’à son arrivée à Besançon en 1927, Picard retrouva Zani, Poincenot, le Commandant Guilleminot et quelques autres avec lesquelles, en 1929, il reconstitua légalement le Cercle d’Échecs de Besançon et édita sous le titre « La Tour Prends Garde » un bulletin de liaison pour lequel il eut des abonnés jusqu’en Australie. C’est du fait de ce bulletin que le cercle fut couramment dénommé la « Tour Prends Garde ». En 2029, tous fiérots, nous fêterons notre centenaire, mais, en fait, c’est de 161 ans d’existence que notre association pourra s’enorgueillir !

¹ À moins qu’il eut, à la fin du XIXe, deux sociétés échiquéennes dans notre cité. Ce dont je doute fort.
² De la famille de Claude François Dorothée de Jouffroy d’Abbans, le célèbre franc-comtois, inventeur des bateaux à vapeur.
³ Peut-être Philippe Charles Faucompré (né et mort à Besançon 1843 – 1902), professeur d’Agriculture. Il habita rue Granvelle à deux pas de son club.
⁴ Francesco Andrea ‘André’ Zani, décédé le 5 février 1932 à Besançon à l’âge de 89 ans (les échecs conservent). Son père, Carlo Giuseppe émigre d’Italie pour exercer dans notre bonne ville la profession de ramoneur ! Les Zani étaient issus d’une longue lignée de ramoneurs et de fumistes piémontais, originaires de la Vallée des Peintres, près du Lac Majeur. Un marquis de la vieille noblesse française et un fils de fumiste, face à face, de part et d’autre de l’échiquier, prouve que cette société n’était point trop élitiste.
⁵ Le fameux Barodet, alias Laureaux Ligier, après quelques recherches dans le Monde Illustré, s’appelait en fait Clément Ligier. Il envoyait à cette revue très régulièrement  des problèmes de Dames. Voici cependant un problème d’échecs, le N°  1094 du 22 mai 1886 :

Le Monde Illustré du 22 mai 1886

Luis Ramírez de Lucena

Dans son ouvrage Repetición de amores e arte de axedres con CL iuegos de partido, (Discussion sur l’Amour et l’Art des Échecs avec 150 Problèmes), publié en 1496, Luis Ramírez de Lucena décrit les différences entre les échecs anciens, joués principalement par les Arabes et les nouvelles règles alors qu’elles évoluaient vers les échecs modernes et européens. En ces temps, ces règles pouvaient être très différentes d’une contrée à l’autre. Un pion qui avait traversé courageusement l’échiquier pouvait espérer une récompense, mais qui pouvait être différente. Dans de nombreux pays, par exemple, un pion-tour ne pouvait être promu qu’en tour et seulement si elle avait déjà été capturée. De même pour le pion de la reine. Il était considéré comme irrespectueux d’avoir deux reines sur l’échiquier. La bigamie n’était point tolérée. Ce n’est qu’à la fin des années 1700 que la plupart des pays européens ont accepté la règle permettant plusieurs reines.

Quelques pages de Repetición de amores y arte de ajedrez de Lucena, Le manuscrit complet sur le site de la Real Academia de la Historia

De même que dans Scachs d’Amor, Lucena décrit ces nouvelles règles, la reine pouvait avancer non seulement en diagonale, mais aussi en ligne droite, et d’autant de cases qu’elle le souhaitait, aussi longtemps que son chemin était dégagé. Il souligne l’importance de cette nouveauté en évoquant le jeu de la Dame en opposition avec les vieux échecs. « Ce qui avait si souvent été nommé le jeu des Rois, pouvait désormais tout aussi bien être identifié comme le jeu de la Reine.¹  » Cette nouvelle règle, que les Italiens qualifièrent d’alla rabiosa et que les Français dénommèrent le jeu de la dame enragée, ne s’est pas imposée en France avant 1540.

¹ Marilyn Yalom, Birth of the Chess Queen (Harper Collins 2004).