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Tournoi des Déconfits

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DEUX RÉFLEXIONS SUR « TOURNOI DES DÉCONFITS »

  1. Je ne sais pas ce qu’il en sera des décisions de mon homologue (celui de la République). Pour ma part, le club réouvrira ses portes en septembre. C’est inutile de faire courir des risques aux Tpgistes pour 4 petites semaines !

Benjamin est sans merci !

Quelques amis du club de Metz organisèrent, les 23 et 24 Mai, un marathon de blitz gratuit de 24 h, au profit de l’hôpital Mercy de Metz pour la lutte contre le COVID-19. Benjamin y participa et nous envoie ce joli coup tactique.

Les Noirs viennent de jouer Bf5. Que répondent les Blancs ?

Le Quiz

Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, sur l’échiquier occidental, ne s’affrontent pas encore des pièces blanches et des pièces noires, comme c’est le cas dans le jeu d’échecs contemporain.

Quelles en étaient les couleurs  ?

Onze bonnes réponses !

« Elle ne fut pas étonnée le moins du monde de s’apercevoir que la Reine Rouge et la Reine Blanche étaient assises tout près d’elle, une de chaque côté. Elle aurait bien voulu leur demander comment elles étaient venues là, mais elle craignait que ce ne fût pas très poli. »

Lewis Carroll, À travers le miroir

Le choix des couples blanc-rouge et rouge-noir sont deux bonnes réponses. Blanc-rouge était peut-être plus précis, le rouge et le noir étant les couleurs venues d’Orient. Les deux systèmes de couleurs cohabitèrent sans doute pendant plusieurs siècles.

« Les Échecs, pour Kasparov, sont une jungle blanche et noire » et depuis fort longtemps, nous avançons, explorateurs intrépides ou timorés, sur ces chemins pavés de noirs  et de blancs, oublieux de ce temps où les pistes étaient à peine tracées. Venu d’Orient, l’échiquier n’était au bas Moyen Âge le plus souvent qu’une pièce de tissu monochrome, où de simples lignes délimitaient les soixante-quatre cases. C’est sous cette forme qu’il apparaît dans l’iconographie médiévale, en particulier dans le vitrail de la cathédrale Saint-Maurice de Tours (1255-1267), représentant la partie d’échecs des enfants de saint Eustache avec son échiquier de 4 x 5 cases, uniformément vert.

Hexagone 19, Légende de saint Eustache, Baie 214, Cathédrale saint-Gatien de Tours. Cliché  Jean-Yves Cordier (avec son aimable autorisation).

C’est dans les Vers d’Einsielden, le plus ancien texte occidental mentionnant les échecs (vers 990), que l’usage d’un échiquier bicolore rouge et blanc est évoqué. Sans doute, une innovation récente adoptée que par quelques joueurs seulement. Mais il est fort probable que, facilitant grandement le calcul des déplacements, cette pratique fut adoptée rapidement et se généralisa. Les représentations antérieures à 1200 confirment l’opposition rouge/blanc mise en évidence par Michel Pastoureau : « Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, en effet, sur l’échiquier occidental ne s’affrontent pas encore des pièces blanches et des pièces noires, comme c’est le cas dans le jeu d’échecs contemporain, mais bien des pièces blanches et des pièces rouges. Cette opposition de couleurs n’était certes pas celle que l’Occident avait héritée de l’Islam. Dans le jeu indien puis musulman, s’affrontaient à l’origine — et s’affrontent encore aujourd’hui — un camp noir et un camp rouge, deux couleurs qui formaient un couple de contraires. Ici aussi, il a fallu repenser un aspect du jeu, et le repenser rapidement, car l’opposition du noir et du rouge, fortement signifiante aux Indes et en terre d’Islam, n’avait pour ainsi dire aucune signification dans la symbolique occidentale des couleurs. On transforma donc le camp noir en camp blanc, l’opposition du rouge et du blanc constituant pour la sensibilité chrétienne de l’époque féodale le couple de contraires le plus fort* ».

Codex Wilehalm de Wolfram von Eschenbach, 1334, University Library Kassel.

Ces enluminures illustrent l’évolution progressive des couleurs. Par rapport au modèle oriental, l’échiquier se colorise, mais les pièces gardent les couleurs (noir et rouge) des origines. Puis l’échiquier passe au noir et blanc et le camp noir devient blanc.

Cependant au blanc et rouge apparu aux environs de l’an mil, succéda progressivement, à partir du XIIIe siècle, l’opposition blanc/noir. « Car entre-temps, poursuit Michel Pastoureau, la couleur noire avait connu une promotion remarquable et, surtout, les théories d’Aristote sur la classification des couleurs s’étaient largement diffusées et faisaient du blanc et du noir deux pôles extrêmes de tous les systèmes. Vers le milieu du siècle suivant, sans avoir totalement disparu les pièces rouges étaient devenues rares : le jeu d’échecs était mûr pour entrer dans cet univers du noir et blanc qui caractérise la civilisation européenne à l’époque moderne* ».

Par ailleurs, l’usage de camps noir et blanc était traditionnel dans les jeux de plateau européens et particulièrement dans le nord avant même l’introduction des échecs, c’est donc naturellement que les couleurs orientales ont glissé vers notre noir et blanc.

Tractatus de ludo scacorum : Scacorum ludum ab Ulixe inuentum, entre 1400 et 1499 (Traité du jeu d’échecs – Le jeu d’échecs inventé par Ulysse), Biblioteca Digital Hispanica

« L’évolution vers l’actuel jeu en noir et blanc est sans doute moins linéaire que ne le proposait Michel Pastoureau, conclut Luc Bourgeois dans son article Les échecs médiévaux : jeu des élites, jeux de couleurs. Le contraste noir/blanc constitue une tradition ancienne pour les jeux de tables du nord de l’Europe, qui fut adaptée aux échecs après leur introduction dans ces régions. D’autre part, si le couple noir-blanc devint très majoritaire pour les échiquiers à partir du XIIIe siècle, le phénomène est moins prégnant pour les pièces, qui demeurent largement associées aux teintes traditionnelles — rouge et blanc/jaune — jusqu’à l’époque contemporaine », comme en témoignent, les premiers échiquiers Staunton victoriens et les reines rouge et blanche que notre jeune Alice craint de froisser. »

* L’échiquier de Charlemagne de Michel Pastoureau, 1990 – Editeur Adam Biro, Collection Un Sur Un


De 56,8 %, vous passez à 57,8 % de réussite globale, c’est-à-dire pour une question :
une majorité de bonnes réponses  = 1pt, ½  pt pour un ballotage et 0 pour une minorité.

Le camembert indique le % de bonnes et mauvaises réponses pour l’ensemble des questions et des tépégistes.

Anti-Virus Blitz vendredi 29 mai 20 h 45

Ce confinement de deux mois vous a sûrement bien gavé de samedi après-midi à la maison. Je vous propose donc une nouvel Anti-Virus blitz, le vendredi 29 à 20 h 45.

Je découvre qu’il est possible de réaliser des tournois Système Suisse sur lichess, mais qui malheureusement ne peuvent fonctionner que pour des parties rapides, car l’intervalle maximum entre deux rondes, ne peut être que de soixante minutes*. Je vous propose donc un nouvel Anti-Virus Blitz, 7 rondes de 10 minutes KO. Beaucoup plus facile à gérer, puisque la plate-forme s’occupe de tout. Le tournoi ne devrait pas durer guère plus de 2 h  30, si lichess gère les inter-rondes (1 mn entre chaque, cela laisse peu de temps pour souffler ou bien c’est nous nous qui décidons. Vous choisirez.

Clôture des inscriptions à 14 h 50. Il est préférable de le faire largement auparavant, car je devrai valider votre appartenance au groupe Tpg. Pour vous inscrire ou suivre le tournoi, un clic sur le logo lichess.

Attention ! Là encore des prérequis nécessaires (à ne pas lire en diagonale) :

  • une inscription sur lichess.org  ;
  • une inscription à la communauté Tour, Prends Garde ! sur lichess également. Inscrivez-vous rapidement (si ce n’est pas déjà fait) pour rejoindre le groupe Tour, Prends Garde en cliquant sur Rejoindre l’équipe.
  • Mais vous inscrire au groupe ne suffit pas, il faut aussi vous inscrire au tournoi en cliquant sur le logo.

La tournoi lancée, vous pourrez suivre les parties en cliquant sur le logo ci-dessus
(du moins je le crois).

* Depuis ma dernière connexion, ils ont amélioré le système et il est possible de programmer la date et l’heure de la ronde suivante. Par contre, impossible (pour l’instant) d’une plage de jours possibles comme pour nos tournois Geek.

Le Quiz

Le système suisse ou système de tournoi suisse est couramment utilisé dans les compétitions d’échecs et dans d’autres jeux où les joueurs ou les équipes doivent s’affronter deux à deux. Le principe est que chaque joueur sera opposé à un adversaire qui a fait, jusqu’à présent, aussi bien (ou mal) que lui.

Quand fut-il utilisé pour la première fois : 1850, 1889 ou 1937 ?

Journal de Genève du mercredi 5 juin 1889

Deux bonnes réponses sur onze e type de tournoi fut utilisé la première fois lors du championnat de Suisse d’échecs à Zurich en juin 1889, d’où son nom de « système suisse ». Premier championnat de Suisse, avec 74 participants, il fut remporté sans défaite par Max Pestalozzi à égalité avec Artur Popławski, un étudiant polonais.