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Benjamin est sans merci !

Quelques amis du club de Metz organisèrent, les 23 et 24 Mai, un marathon de blitz gratuit de 24 h, au profit de l’hôpital Mercy de Metz pour la lutte contre le COVID-19. Benjamin y participa et nous envoie ce joli coup tactique.

Les Noirs viennent de jouer Bf5. Que répondent les Blancs ?

Le Quiz

Qu’est-ce que le Zugzwang :

1. être obligé de jouer ?
2. il n’y a plus qu’un seul coup jouable ?
3. placer une pièce devant un pion adverse de façon à bloquer son avance ?

Six bonnes réponses sur 12, donc ½ point ! La nuance peut paraître subtile, mais elle existent entre zugzwang et coup forcé :


Le zugzwang est un désavantage, le seul fait d’avoir à jouer, entraînant la perte de la partie quelque soit le coup. Le camp en zugzwang n’affaiblirait pas sa position s’il avait le droit de ne pas jouer. Le fait d’avoir le trait constitue alors un désavantage. Plusieurs coups sont éventuellement possibles, mais seront tous défavorables. Plus fréquent en finale, le zugzwang peut également se produire en milieu de partie. Il vient de l’allemand zug, se déplacer, et zwang, contrainte.

Plus que tout autre joueur, Nimzowitsch excellait dans l’art de conduire son adversaire au zugzwang. Voici son Immortel Zugzwang contre Friedrich Sämisch. Cette partie fut appelée ainsi en raison du remarquable dernier coup : 25. h6. Nimzovisch ne fut cependant pas satisfait de sa victoire. Il estima que son adversaire n’était pas au mieux de sa forme et il dut être persuadé par ses éditeurs pour inclure cette partie dans son livre Die Blockade et quand il accepta, ce fut avec des excuses à son cher collègue.


Un coup forcé est un coup obligatoire si l’on ne veut pas perdre. Par exemple la prise d’une pièce, oblige habituellement à reprendre. Les combinaisons sont principalement basées sur des coups forcés : échecs, échanges de pièces, protection de pièces entraînants une variante forcée.


L’une des parties les plus extraordinaires jouée par Tal fut sa victoire contre le maître suisse Dieter Keller au tournoi de Zurich 1959. Trouverez-vous le coup de baguette final du magicien de Riga ?


Le blocus, c’est placé une pièce devant un pion adverse de façon à bloquer son avance. Le pion ennemi fournit un abri à la pièce qui la bloque, le protégeant ainsi des attaques de pièces ennemies. Un blocus est plus efficace contre les pions passés ou isolés. Le cavalier est la pièce idéale à utiliser comme bloqueur.

Éric coule une bielle… Oh ruse !

Mikalai pouvait profiter du mauvais placement des pièces blanches. Comment ?

Un Goosens et un mat là !

UNE RÉFLEXION SUR « UN GOOSENS ET UN MAT LÀ ! »

La Peste Noire

Vous connaissez bien sûr le sens d’adouber : toucher une pièce pour la remettre en place et non pour la jouer en prononçant les mots : « J’adoube ». Ce terme échiquéen, de même qu’« en passant », est utilisé en français par tous les joueurs du monde.

À ce sujet, connaissez-vous ce personnage, un des plus curieux de l’histoire de notre jeu, Joseph Henry Blackburne (1841-1924). Homme de caractère fort et changeant, passant de l’irritation à la dépression très facilement, acteur d’une série d’anecdotes qui lui valut le surnom de La Peste Noire ! Pour en avoir une idée, il suffit de dire que, après avoir perdu un match contre Steinitz, il se jeta par la fenêtre par désespoir d’avoir perdu. La bonne nouvelle était que l’on était au rez-de-chaussée, l’événement n’eut donc pas de conséquences funestes. Une autre anecdote afin d’évaluer l’autre extrémité de sa personnalité fantasque : au cours d’une simultanée donnée à l’Université de Cambridge, les étudiants pensèrent qu’il serait plus facile à battre en laissant une bouteille de whisky et un verre à chaque extrémité de la table. À la fin de la session, Blackburne avait bu les deux bouteilles et remporté tous les matchs en un temps record. Une autre anecdote, probablement apocryphe, raconte que dans une simultanée, concentré et nerveux, il boit le verre de whisky de l’un des participants. Après le match, il déclare que son adversaire lui ayant mangé un pion « en passant » et que, incidemment, il avait, lui, bu son whisky « en passant ». Toujours, il a soutenu la théorie selon laquelle boire du whisky améliorait la qualité de jeu parce que « l’alcool éclaircit l’esprit. » Fidèle à ses idées, toute sa vie, il a tenté de prouver cette théorie toutes les fois qu’il le pouvait par des cuites sévères, qui furent nombreuses durant ses 83 années de vie.

Voici la partie Zukertort – Blackburne « L’immortelle » Londres, 1883 où Blackburne ne s’était sans doute point assez éclairci l’esprit :

Après ce long détour par la Peste Noire, je reviens à ma question :

Quelle est l’origine du terme « J’adoube » : 1. de l’adoubement du chevalier, 2. du verbe « dauber» dénigrer, 3. du vieux français « adubler » signifiant  «  voir double » ?

De l’ancien français adouber lui-même venant de douber et probablement de l’ancien bas francique dubban, « frapper ». Le futur chevalier recevait lors de l’adoubement la « paumée » ou « collée », fort coup du plat de la main administré par le parrain sur la nuque.

Six bonnes réponses sur neuf. Trois tpgistes se sont fait avoir par  les origines farfelues, particulièrement pas adubler qui, si le verbe dauber existe, est une pure invention.

J’ai même battu un champion du monde !

Ce n’est pas une plaisanterie. Début 1993, dans un match par équipe, j’ai gagné une partie contre Adrien Leroy, champion du monde en titre des moins de 10 ans. Ce n’était pas vraiment une super performance car nos élos étaient assez voisins. Dans cette partie assez « plate », je m’étais surtout attaché à maintenir l’égalité positionnelle sans risque. Mais rassurez-vous, il y avait déjà quelques années que Serge Sarragoza¹ m’avait affublé du doux surnom de Pellabéton² .

¹ Serge SARRAGOZA est (était j’ignore s’il joue encore) un fort joueur franc-comtois. Je me souviens qu’il avait participé aux championnats de Franche Comté 1982 qui à l’époque se jouait en tournoi fermé de 6 joueurs (il y avait bien sûr aussi un tournoi accession ouvert à tous). Christophe BORDET avait gagné ce tournoi et était devenu champion de Franche-Comté devant Max COULON. J’avais terminé à la troisième place avec 2/5 exaequo avec Jean Robert VESIN, Serge SARRAGOZA et Gilles VUITTON. Vous ne devinez pas le résultats de mes parties ?… 4 nulles contre BORDET, VESIN, WUITTON et SARRA !
² Aujourd’hui je ne mérite plus vraiment ce surnom. Avec les années (normalement c’est l’inverse) mon jeu est devenu hasardeux et beaucoup plus (défense de rire) risqué !

Miserere

Dans ce duel « ériquicide », Éric ataque la R blanche avec Bd3.
Voyez-vous comment l’autre Éric pouvait lui faire des misères ?

On jouait comment dans les années 70?

Confinement oblige, en rangeant quelques affaires, je suis tombé sur un « trésor » : quelques feuilles de mes parties jouées dans les années 70. En 1977, j’étais adhérent du Roi Blanc Bisontin et on m’avait invité à participer au championnat de Haute-Saône (j’habitais Rioz) que j’avais gagné. Ce championnat se déroulait dans une certaine « clandestinité » car il y avait je crois une petite dizaine de participants…Voici une partie jouée contre Yannick Paris dont j’estime le élo à 1650, le mien étant probablement voisin de 1800.

Bernard Pellaton

Jeu de Dame

Dans cette situation, Laurent joue Rg5 avec une écrasante position.
Mais verrez-vous comment il pouvait donner le coup de grâce à Djamel d’une fort belle manière ?

Les pieds dans le tapis

La reine Christine, sûr de sa victoire prochaine, joue Kb6 et se prend les pieds dans le tapis !
Les Blancs jouent et gagnent.