Une vierge sur l’échiquier

Reine scandinave en ivoire de morse, XIIIe siècle – Metropolitan Museum

Peu de pièces médiévales sous la forme de rois, de reines ou de fous survivèrent au passage du temps. Sur son destrier, cette reine est prête à combattre. C’est déjà une reine moderne, l’une des contributions clés de l’Europe médiévale au jeu d’échecs tel qu’il est connu aujourd’hui. L’introduction d’un élément féminin sur l’échiquier fut la modification la plus importante intervenue au cours des tribulations de ce jeu. Elle se substitua progressivement au vizir (conseiller masculin du roi) de la tradition persane et arabe. Interprétant mal la contraction arabo-persane firz qu’ils ne comprenaient pas, les traités échiquéens en firent le fierge en ancien français, rapidement assimilé à la Vierge. Mais la reine des cieux ne resta pas sur l’échiquier, remplacée par une reine plus terrestre.

Pastoureau échecs vivant
Échiquier de Charlemagne – Reine, fin du XIe siècle

La transformation du vizir en reine fut lente et tâtonnante : vers 1080, le jeu de Charlemagne comporte déjà une reine, alors que, vers 1200, d’autres jeux comptent encore un vizir. Il fut progressivement remplacé au cours du XIVe, et ce n’est qu’à la fin du Moyen Âge que le terme reine devient d’un emploi courant. Toutefois, cette transformation était dans l’ordre des choses : la promotion de la femme et son rôle politique de plus en plus grand au sein du couple royal ne pouvaient qu’entraîner cette mutation. De plus, le culte de la Vierge, très important au Moyen Âge, accélérera également cette métamorphose.

La littérature médiévale en témoigne : nous y retrouvons cette étrange (pour notre modernité) association entre Marie et la reine des échecs. Bien que, tout au long des XIIe, XIIIe et XIVe siècles, la position de l’Église catholique sur le statut moral des échecs oscillait de la condamnation à la louange (les autorités de l’Église interdisant parfois sa présence dans des monastères), sur l’échiquier moralisé se jouait pourtant la lutte du bien (les blancs) et du mal (les noirs). La popularité croissante de la Vierge parmi les personnalités religieuses, l’aristocratie et le peuple en tant qu’intercesseur de l’humanité au regard de Dieu alimenta ces analogies entre l’échiquier et le combat de l’homme contre la tentation et le diable.

Un poème anonyme du XIIIe siècle en français anglo-normand décrit la chute d’Adam comme une partie d’échecs opposant Dieu et le Diable. Le diable remporte facilement la première ronde en matant le roi Adam par la tentation et la manipulation. Dieu prend conscience de la faiblesse de l’homme et place alors Jésus sur l’échiquier avec Marie comme reine à ses côtés. Le rôle de Marie est de protéger les pions (l’humanité). Et pourtant, sur l’échiquier, à cette époque, la reine manquait encore cruellement d’amplitude dans ses mouvements. Sa force dans ces textes n’est pas celle d’une reine combattante, et si elle parvient à vaincre, c’est comme intercesseur miséricordieux.

Albertus Pictor, La mort jouant aux Échecs, vers 1480. Église de Täby, Stockholm.

Gauthier de Coincy (1177–1236), moine bénédictin et trouvère français, présente à plusieurs reprises la Vierge sous les traits d’une reine d’échecs dans Les Miracles de Nostre Dame. Une partie entre Dieu et le Diable scellera le destin d’un homme, l’enfer ou le paradis pour l’éternité. Marie, identifiée comme la reine des échecs, et le diable sont opposés dans une ultime bataille :

Le diable sait tant de tours
Qu’en un rien de temps, dans un angle
Nous serons emmenés et matés […]

Le diable, qui fait beaucoup de mal,
Quand Dieu avança sa reine,
A perdu son esprit et son pouvoir […]

Cette reine bouge de telle manière
Qu’elle met en échec l’adversaire dans toutes les directions.
Le traître qui connaît beaucoup de coups
Bientôt, s’effraie quand elle se meut
Il ne peut même pas comprendre ses coups. […]

Puis elle lui donne un échec parfait
Si ingénieux et si bien fait
Qu’il perd immédiatement sa partie complètement.
Dieu, quelle reine ! Dieu, quelle reine des échecs !

Les autres reines ne bougent que d’une case.
Mais celle-ci bouge si vite…
Cela avant que le diable ait pris l’un des siens,
Elle l’a tellement lié et abasourdi
Qu’il ne sait plus quelle direction prendre.

« Une telle force, écrit Marilyne Yalom, ne sera pas officiellement attribuée à la reine avant la fin du XVe, c’est-à-dire deux cent cinquante ans après la mort de Gauthier. Faut-il voir cela comme une intuition ou une prophétie de sa part ? Il est plus probable que la vénération de la reine céleste s’est étendue sur toutes les reines, et même sur le symbole de la reine sur l’échiquier. Selon toute vraisemblance, le culte de la Vierge Marie fournit le contexte qui valorisa non seulement la reine des échecs, mais l’a finalement aidé à s’élever au-dessus des autres pièces.¹ »

La présence d’une reine sur l’échiquier était donc essentielle à la construction de ces contes moraux. On peut imaginer en quoi ces scénarios auraient été différents si le vizir ne s’était pas fait bouter hors de l’échiquier : aurait-il été comparé au pape, une autre figure sainte dotée du pouvoir ? Cependant, en cette période, le Saint-Empire romain germanique et d’autres nations chrétiennes remettaient en cause l’autorité papale (le remplaçant même parfois). Le culte de la Vierge et la montée en puissance de reines telles qu’Isabelle de Castille et Eleanor d’Aquitaine, ont sans doute orienté le choix d’un personnage féminin et d’accorder à la Reine son amplitude de mouvement. Si cette pièce était restée vizir, elle n’aurait peut-être jamais reçu de telles capacités et, si la face du monde n’en aurait pas été changée, le jeu d’échecs, aujourd’hui, serait profondément différent. Brûlons un cierge à la Sainte Vierge !

¹ Marilyn Yalom, Birth of the Chess Queen (Harper Collins 2004).

Un article par jour et plus de 1300 articles sur Le Patrimoine des Échecs

Des Échecs aux coléoptères

Le saviez-vous ? Notre ami Bernard Courtot est tépégiste-entomologiste, un scientifique amateur, étudiant les insectes et passionné par les coléoptères. Il a de quoi faire, car il s’agit de l’ordre qui comporte le plus grand nombre d’espèces décrites, près de 387 000. Il vient de publié, avec trois collègues, le Catalogue illustré des Coléoptères de Franche-Comté, un ouvrage avec photographie du Negastrius sabulicola, de l’Œdostethus quadipustulatus et de tous leurs autres petits copains au demeurant fort sympathiques. Nous attendrons avec impatience son prochain ouvrage sur le Coleoptera clubensis tepegeticus, malheureusement en voie d’extinction.

Notre ami Bernard Courtot tout à droite avec ses collègues.

UNE RÉFLEXION SUR « DES ÉCHECS AUX COLÉOPTÈRES »

  1. Wouah ! Bernard, ça m’intéresse ! je vais me le procurer. J’étais depuis toujours intéressé par les insectes et les plantes, bien que je n’ai pas beaucoup de connaissances.
    Chapeau mon ami ! 🙂
    Tuan

Les Échecs au Parc -Samedi 13 juillet

Les Échecs au Parc, Samedi 13 juillet

Pour ce premier échecs au parc de la saison, participation d’une douzaine de tépégistes et leur aide précieuse pour l’installation. Il me semble, cependant, que depuis deux ans, les Bisontins boudent un peu ce pourtant magnifique endroit. Il est vrai qu’en août, l’affluence est plus importante. Malgré cela, trois visites et parmi elles, deux citadins qui sont venus spécialement pour nous rencontrer avec des promesses de nouvelles visites au parc ou au club.

Les Échecs au Parc

Samedi 20 juillet, nous pendrons nos quartiers d’été au Parc de la Gare d’Eau pour la huitième saison des Échecs au Parc. Venez nous y retrouver les samedis ensoleillés de juillet – août, de 14 h 30 à 19 h, pour blitzer ou de plus calmes parties. L’après-midi est ouvert à tous, adhérents et non-adhérents et bien entendu gratuite. Pour les Bisontins souhaitant découvrir le jeu, des séances d’initiation seront proposées. Parking gratuit de la Préfecture. Si le soleil se fait tirer l’oreille, avant de venir nous retrouver, jetez un œil sur la page d’accueil de notre site afin de vérifier si l’activité est maintenue.

Toujours besoins de l’aide de 2 ou 3 tépégistes (sans me compter) pour l’installation à 14 h 30.
Un clic pour aider samedi 20 juilletAfficher les inscrits

Naissance d’une Reine

En cette période estivale où l’actualité du club se fait dorer sur le sable, je vous proposerai chaque dimanche cette curieuse revanche de l’histoire des échecs : comment notre jeu moderne, aujourd’hui essentiellement (et malheureusement) masculin, est né de l’apparition d’une femme sur l’échiquier.

Le chaturanga, né en Inde il y a environ 1500 ans, comme toutes les autres traditions, fut transmis de génération en génération, s’améliorant lentement au fil du temps, et l’une de ces améliorations fut l’apparition de la Dame à la fin du Moyen Âge sur l’échiquier, le changement le plus important survenu au cours de l’évolution du jeu. Le faire part de naissance de notre Reine apparaît dans un manuscrit latin conservé au monastère suisse d’Einsiedeln aux alentours de l’an Mille, le Versus de scachis, le plus ancien poème traitant du jeu des Échecs, décrivant les règles à l’identique du jeu arabe, sinon qu’il évoque la présence d’une Reine comme un fait accompli. Dans quelles circonstances a-t-elle émergé en tant que redoutée reine folle, fléau de toutes les autres pièces de l’échiquier ?

Reine de Clonard, découverte en 1817 dans une tourbière
en Irlande, seconde moitié du XIIe siècle.

« Lorsque l’Islam transmet le jeu d’échecs aux Occidentaux vers le milieu ou la fin du Xe siècle, écrit Michel Pastoureau, ces derniers ne savent pas jouer. Non seulement, ils ne savent pas jouer, mais, lorsqu’ils essayent d’apprendre, ils sont déroutés par les principes du jeu, par la nature et la marche des pièces, par l’opposition des couleurs (camp rouge contre camp noir) et même par la structure de l’échiquier : soixante-quatre cases, cela ne représente rien, ou peu de chose dans la symbolique chrétienne des nombres. Les échecs sont un jeu oriental, né en Inde, transformé en Perse, remodelé par la culture arabe. Mis à part sa parenté symbolique avec l’art militaire, tout ou presque y est étranger aux chrétiens. Il faut donc pour assimiler ce jeu nouveau le repenser en profondeur, l’adapter aux mentalités occidentales, lui redonner une image plus conforme aux structures de la société féodale¹. »

Dans ses origines indiennes, notre souveraine est le conseiller du roi, le firzan perse, l’une des pièces les plus faibles, se déplaçant en diagonale que d’une case à la fois, moins puissante que le fou d’aujourd’hui. Mais dans l’Europe médiévale, cette pièce dans l’ombre du roi, ne pouvait être que sa fidèle épouse. D’autant plus qu’un glissement étymologique progressif va féminiser le conseiller, le vizir oriental : le nom arabo-persan (firz et firzan) du vizir devient en ancien français fierce, fierche, firge, fierge. Ce fierge interprété comme « vierge », personnage féminin. La dame, la reine apparaît aux côtés de son roi.

Le glissement du vizir arabo-persan (à gauche, pièce sicilienne du XIe – XIIe) vers la Dame (à droite, Reine espagnole du XIIe) s’est fait très progressivement : la reine ibérique en son château conserve encore la forme ancienne évoquant un palanquin sur le dos d’un éléphant, révélant la nature adaptative de ce jeu, une acculturation progressive qui favorisa sa popularité et sa diffusion dans l’Europe chrétienne.

Illustrant le mot célèbre de Fischer « les Échecs, c’est la vie ! » les parallèles du jeu avec l’évolution des sociétés sont nombreux et persistants au cours des siècles, l’évolution du monde se reflétant sur l’échiquier. Période de croisades, ce début de millénaire voit le départ des hommes vers la Terre Sainte. Pendant que ces messieurs découpent de l’infidèle, ces dames ont la charge du domaine ou du royaume et, au retour des époux, ne veulent pas abandonner ce pouvoir, cette liberté découverte et tant appréciée. Une femme-souveraine apparaît donc sur l’échiquier, car dans le même temps, hors de l’échiquier, comme le décrit Marilyn Yalom, universitaire américaine, dans son livre Birth of the Chess Queen², l’an mille voit le surgissement politique de femmes tel qu’Adélaïde de Bourgogne ou Theophano Skleraina. La promotion de la femme et le rôle politique de plus en plus grand de la reine au sein du couple royal ne pouvaient qu’entraîner cette mutation.

¹ Michel Pastoureau, Le Roi du jeu d’échecs (Xe – XIVe siècle).
² Marilyn Yalom, Birth of the Chess Queen (Harper Collins 2004).

DEUX RÉFLEXIONS SUR « NAISSANCE D’UNE REINE »

  1. Michel Pastoureau écrit : « l’islam transmet le jeu d’échecs aux occidentaux. » Mais quel est le rapport entre l’islam et le jeu d’échecs. À moins que le jeu d’échecs soit inscrit dans le Coran. Cette phrase est d’une aberration totale. Le jeu d’échecs est né sur le bassin indo-perse bien avant l’envahissement des Arabes et l’instauration de l’islam, comme d’ailleurs les chiffres arabes qui seront transmis aux occidentaux. Les Arabes sont très mobiles à cette époque. Par conséquent, ils ne sont pas l’initiateur ni des chiffres, ni du jeu d’échecs, ni d’ailleurs de certaines sciences, car les savants sont obligés d’écrire en langue arabe d’où la confusion qui règne de point de vue historique sur l’origine de la naissance des faits en question.

  2. Michel Pastoureau entend Islam de manière générique, non pas en tant que religion, mais comme synonyme du monde arabe qui était de plus (comme l’Occident à l’époque) très religieux. Personne ne nie, et Pastoureau, grand historien, spécialiste des échecs, moins que quiconque, l’origine indienne des échecs, transmis aux Perses et apportés aux occidentaux par les conquêtes arabes. Une fois de plus, mon cher ami au regard persan (où parfois le rien perce), tu lis top vite…

Les Échecs au Parc annulés


Cet Après-midi, le ciel se couvrira progressivement avec évolution orageuse. Averses avec possibilité de grêle.

EN RAISON DE LA MÉTÉO, LES ÉCHECS AU PARC SONT ANNULÉS.
LE CLUB SERA OUVERT À 15 H.

3 RÉFLEXIONS SUR « LES ÉCHECS AU PARC »

  1. Quelle superbe photo, mon Claudius ! Tu aurais du être photographe de métier, ou chroniqueur. Du haut de ta grandeur, de tes pixels dont tu as le secret, tu sais mettre en valeur notre beau et noble jeux d’échecs ! On se lèvent tous pour Claudius !

Fête des Chaprais

C’est avec ses espaces naturels comme le parc des Chaprais que Besançon peut prétendre être l’une des premières villes vertes de France.

Pour la deuxième année consécutive, nous participons à la fête de quartier des Chaprais organisée par l’ASEP. Ambiance bonne enfant des kermesses de notre jeunesse et bonne affluence à nos tables, où les promeneurs s’arrêtent pour une ou deux parties et nous aurons sans doute vite oublié. Quelques promesses de visites, cependant, cet été à la Gare d’Eau. Mais toujours bon de se montrer et de montrer surtout un autre visage des échecs, plus souriant et… champêtre.

Coupe 1900

Le joueur international Alain Sermier présente fièrement la Coupe 1900 !

La légende est de notre président. Plutôt décontracte notre Alain international. On dirait qu’il vient de remporter la coupe de pétanque de son quartier… C’est toute l’équipe, Alain Sermier, Philipe Cao, Guillaume Gorce et Benjamin Spagnoli qui fut récompensée aujourd’hui à la Ligue de Bourgogne-Franche-Comté.

UNE RÉFLEXION SUR « COUPE 1900 »

Blitz et Fête du Club

DEUX RÉFLEXIONS SUR « BLITZ ET FÊTE DU CLUB »

T.R.
10 JUIN 2019 À 10 H 50 MIN
Choix judicieux que ce restaurant chinois. Il faut féliciter l’initiateur de cette idée.


mig25
21 JUIN 2019 À 5 H 01 MIN
Enfin un club qui mène ses adhérents à la baguette.


Naudier
5 JUILLET 2019 À 6 H 28 MIN
C’était bien sympa avec le poulet au caramel !

Carnets de voyage

Les superbes calligraphies et dessins de José Naranja.

« Il était une fois un si bon joueur d’échecs qu’il perdait toutes ses parties. Son esprit brillant pouvait anticiper de nombreux coups de ses rivaux. Mais son corps était si rempli d’inquiétude qu’à la fin, il abandonnait, ne considérant que les coups gagnants de ses adversaires. Il jouait quelques coups, puis abandonnait. Toujours de la même façon. Non seulement, il ne gagna jamais une partie, mais il ne sut jamais apprécier le jeu.

Comme dans la vraie vie, s’inquiéter trop et ne voir que le pire, paralyse. Nous devons laisser la vie s’écouler librement. »

José Naranja, ingénieur aéronautique madrilène, a une passion pour les voyages qu’il consigna tout d’abord dans de légendaires carnets de moleskine. Comme les autres voyageurs, Naranja y collectionne timbres et autres éléments des pays visités, mais les accompagnant d’une calligraphie exquise, d’une décoration et d’une illustration riches de superbes détails colorés, les transformant en de véritables œuvres d’art.

Au fil du temps, Naranja perfectionna son travail, fabriquant désormais ses propres cahiers, en choisissant les papiers qui répondent le mieux à ses idées et en expérimentant sans cesse avec des encres, des stylos et des pinceaux. Cuadernear* est le néologisme que Naranja a inventé pour décrire son activité.

* Cuaderno : carnet en castillan.

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Les pieds dans le tapis

Dans cette position, Jean sent qu’il y a matière à une petite combinaison, mais se prend les pieds dans le tapis en jouant Rxf2? Verrez-vous comment il aurait dû s’y prendre ?

Club d'Échecs de Besançon : initiation, cours jeunes et adultes, loisirs et compétions individuelles, par équipe…

La phrase du jour

Échecs Moralisés
Enluminure de la première page des Histoires d’Outre-Mer de Guillaume de Tyr.

Le monde ressemble à un échiquier dont les cases sont alternativement blanches et noires, pour figurer les deux états de la vie et de la mort, de la grâce et du péché.

Moine portant le nom d'Innocent, vers l'an 1400