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Le plus fort joueur d’échecs en France

Danic Skorup, fumant la pipe, contre le tout jeune Bernard Pellaton – Cliché de Bernard Faille, l’Est Républicain, décembre 1973.

Danic Skorup faisait partie d’un contingent de joueurs yougoslaves, qui avaient débarqué à la TPG, au milieu des années 60. Il ne payait pas de mine avec ses cheveux en bataille, son visage mal rasé, le mégot au coin des lèvres et son grand manteau en poils qui lui battait les jambes. Il en allait différemment sur l’échiquier où il a bousculé toutes les anciennes gloires du club et de la ligue. Dans sa revue La tour prends garde de décembre 1963 – janvier 1964, Robert PICARD lui souhaite cordialement la bienvenue. Il ajoute : « Il fera parler de lui à n’en pas douter. Et puis, non seulement, il joue bien, mais il est très gentil, pas poseur pour un sou et prodigue volontiers ses conseils ou ses critiques. Notre Cercle est heureux d’avoir fait en lui une excellente et sympathique recrue. »

Sa réputation dépassa les limites de la Franche-Comté puisqu’il obtint de beaux résultats dans différents tournois internationaux auxquels il participa : en 1965, il partage la 7e place de l’Open de Strasbourg, avec le Dr Roos (champion de France 1964), en mars/avril 1967, il termina 1er Français à l’Open de Monaco (85 joueurs), ex aequo aux 5e/10e places avec notamment Durao (champion du Portugal), avec 7½/11. Le vainqueur était Ostojic, 9½/11. La même année, il a participé au tournoi d’Impéria (Italie) regroupant 110 joueurs de 17 pays, répartis en 4 groupes. Il a terminé 11e/14e du 1er groupe, avec un score de 5/9. Le vainqueur était Ivkov, 7½/9 ; Tataï était 2e. Il fut champion de la ligue en 1964, 1965, 1966, 1970, 1972. De janvier 66 à juin 74, nous nous sommes affrontés à 20 reprises avec un score en ma faveur : (+ 11 ; = 4 ; – 5). Nos confrontations étaient animées : pas de nulle de salon.

Nos relations étaient bonnes, amicales. En 1977, j’ai reçu trois lettres adressées à Fernand Mamy, car il ignorait mon adresse. Dommage qu’il n’y en ait pas eu une 4e, car j’aurais eu un titre encore plus avantageux !¹ 🙂

Maxcellend Coulon

¹ À ma demande des courriers de Skorup, Maxcellend me repond : « J’ai gardé les courriers, mais ils n’offrent aucun intérêt à être rendu publics. Le contenu, exprimé tantôt en français, tantôt en yougoslave, est farfelu, décousu. Visiblement, il devait être dans une période psychologiquement difficile. »

Une vieille combinaison

Bernard Faille – Est Républicain, 1973

Cette photo fut prise lors de la première ronde du championnat individuel de Franche-Comté, le 9 juin 1973. Mon adversaire était Skorup ; la partie, une Pirc, s’était soldée par la nullité après 85 coups. A l’issue de ce championnat, où nous avions fini ex aequo à la 1ere place, avec 4,5 / 5, un match de départage, en 3 parties, était organisé. Il s’était arrêté après 2 parties que j’avais gagnées.

Je vous propose une « vieille » combinaison tirée d’une partie contre Skorup. Cette position résulte d’une partie courte (22 coups) dont l’ouverture est un gambit Göring refusé. Skorup, avec les noirs, vient de jouer Nh5 qui va causer sa perte. Que jouez-vous avec les blancs ?

Un petit grand homme

Maxcellend Coulon nous conte quelques souvenirs de ce petit bonhomme plein de dynamisme qu’était Robert Picard, notre Président fondateur en 1929.

Le 29 septembre 1963 se déroulait, à Chalon, la coupe Brailly. Cette compétition annuelle opposait de nombreuses équipes de 4 joueurs, qui disputaient deux parties. Aux clubs de la ligue (TPG, Dijon, Chalon, Lons, Beaulieu…) s’adjoignaient des clubs venus de l’extérieur : Saint-Etienne, Solingen (ville allemande jumelée avec Chalon), etc. La ronde de l’après-midi vient de démarrer. Quelques instants plus tard, le silence est rompu par un grand cri. Aussitôt, toutes les têtes se tournent en direction du fautif. Picard, le visage écarlate, est debout devant son échiquier, la mine déconfite. Il vient de donner sa dame. Est-ce un effet du gros cigare qu’il fumait après le repas ?

Championnats de Franche-Comté, salle Proudhon. Maxcellend affronte Skorup – Crédit photo Bernard Faille, L’Est Républicain 1973

Malgré son âge avancé, Picard continuait à jouer ; il participait régulièrement aux différentes compétitions organisées par le club et la ligue. Il avait un niveau de jeu respectable, qu’il ne fallait pas sous-estimer ; il commettait parfois des gaffes provoquées par la fatigue. J’ai joué victorieusement à deux reprises contre lui : au championnat de Besançon en décembre 1962, puis en coupe de Besançon, le 28 avril 1967. Son plaisir était d’analyser et de commenter des parties sélectionnées pour son bulletin « La Tour Prends Garde » Il l’avait fait pour ma victoire contre Peroz (11/11/1962). Ce bulletin, auquel j’étais abonné, était intéressant ; il constituait un trait d’union entre les clubs de la ligue, et était lu avec plaisir par les joueurs, mêmes étrangers à la ligue. Il le réalisait dans l’arrière-salle de son magasin de la rue Morand, pendant que Madame Picard recevait les clients.

Picard souffrait de surdité ; il était équipé d’un appareil qui fonctionnait plus ou moins bien. Parfois, au cours d’une partie, un sifflement intempestif troublait la concentration des deux joueurs. Il rectifiait rapidement ce dysfonctionnement. Quand on parlait avec lui, il mettait la main en cornet vers son oreille proche de l’interlocuteur pour mieux entendre. Son audition défectueuse pouvait être source de quiproquo. Entendant mal son partenaire, il pouvait se méprendre sur le sens de son propos ; alors, il haussait le ton comme s’il était contrarié. Picard discutant avec Alber (joueur jovial et éminemment sympathique), cela constituait une scène cocasse, car tous deux avaient des problèmes de surdité.

Picard n’avait pas peur de la polémique : il n’hésitait pas à croiser le fer avec ses contradicteurs, et à échanger quelques amabilités avec ses adversaires. Ancien vice-président de la FFE, il avait soutenu le Dr Roux président de la ligue de Bourgogne Franche-Comté dans son conflit avec le Dr Augeix, président de la FFE. L’origine de cette querelle était le Roi-Blanc-Peugeot qui, s’étant exilé dans la ligue d’Alsace, prétendait organiser un championnat du Doubs. De plus, selon les mots du Dr Roux, celui-ci « avait installé à Besançon même, une sorte de satellite dénommé Roi Blanc Bisontin qui fit tout ce qu’il pût pour nous nuire, sous la haute direction de ses maîtres sochaliens qui, depuis les coulisses, tiraient les ficelles. » Augeix menaçait de créer une nouvelle ligue en remplacement de celle existante.

Cliché de Man Ray, ami du peintre Marcel Duchamp pour qui
« si tous les artistes ne sont pas des joueurs d’échecs, tous les joueurs d’échecs sont des artistes »

Picard possédait une importante bibliothèque d’échecs. J’avais pu m’en rendre compte lorsqu’il m’avait invité chez lui, un soir. Il m’avait montré divers documents échiquéens, notamment des affiches du championnat de France organisé à Besançon en 1949. Au cours de la soirée, parmi différents souvenirs, il avait évoqué incidemment une blessure récoltée lors de la manifestation des Croix-de-Feu, à Paris, le 6 février 1934. Sa bibliothèque lui permettait de doter les jeux échiquéens de son bulletin. J’en avais bénéficié, puisqu’il m’avait offert, comme prix, un livre rare, celui de Duchamp et Halberstadt : « Opposition et cases conjuguées réconciliées ». N’étant pas, à l’époque, collectionneur de livres d’échecs, je n’avais pas perçu la valeur de l’ouvrage, et l’avais échangé contre un quelconque livre en allemand. Ce joueur, par ailleurs sympathique, qui me harcelait pour faire cet échange, savait ce qu’il faisait. Bien plus tard, j’ai réalisé le marché de dupes dont j’avais été victime en voyant le prix de cet ouvrage dans des catalogues spécialisés. Rétrospectivement, j’ai trouvé l’attitude de ce joueur pour le moins inélégante¹. Picard avait formé le projet de léguer sa bibliothèque échiquéenne à la ville de Besançon. J’ignore pourquoi ce projet n’a pu aboutir. Cela aurait été un formidable atout pour les chercheurs en histoire des échecs.

Picard était un fervent amoureux du jeu d’échecs, qu’il a servi sa vie durant. J’ai apprécié de le connaître.

Maxcellend Coulon, le 15/08/2022.

¹ Le titre exact est « L’opposition et les cases conjuguées sont reconciliées ». Je comprends l’amertume de Maxcellend, le bouquin vaut actuellement 3 400 € ! 🙂

La tête d’un Président !

Notre ami Maxcellend Coulon, en réaction à l’article Mort d’un président, nous précise : « les deux personnages désignés ne sont pas notre président-fondateur, Robert Picard et son successeur, Maurice Thuriet ». Maxcellend partagera bientôt d’autres photos et souvenirs.

Brasserie Granvelle, 1er juin 1963, avant le début du championnat individuel de Bourgogne – Franche-Comté, remporté par GIMENEZ.
Au 1er rang, de gauche à droite : TOLILA (Chalon, champion de BFC en 1958), COULON, ETIENNE (Vesoul), Robert
PICARD, GIMENEZ (Beaulieu, champion de BFC en 1963), 2 lycéens de l’École militaire d’Autun.
En arrière-plan : COLLIN (Dijon), BERTOLO (TPG), PIERRAT (Beaulieu) ; CARRIOT (Dijon) ; PEROZ (Dijon, champion de BFC en 1957 et 1962) ; CHIZELLE (Dijon) ; WAGSCHAL (TPG, champion de BFC en 1948, 1949, 1952, 1953, 1954, 1955) ; NAEGELY (TPG).

« Robert Picard est au 1er rang. C’était un personnage sympathique. Je lui rendais visite dans son imprimerie située Rue Morand pour renouveler mon adhésion à son bulletin La Tour Prend Garde et il m’invitait à déjeuner. Voici une photo prise le 1er juin 1963, devant la brasserie Granvelle, avant le début du championnat individuel de Bourgogne – Franche-Comté, qui sera gagné par Gimenez. Dans ce lot relevé, j’ai terminé 6e sur 12, avec 2 ½ points sur 5. »

À bientôt pour d’autres documents, Maxcellend

Le Tpgiste Raoul Bertolo (2e en arrière-plan), décédé en 1991, fut un personnage d’importance du monde des échecs de cette époque. Peu de temps auparavant, en 1959, il venait de fonder avec quelques amis la revue Europe Échecs, qui a largement contribué au développement de notre jeu dans notre pays. En collaboration avec Louis Risacher, il est l’auteur de Les échecs c’est facile : Objectif Mat.
Président de notre club dans les années 70, il fut également Président de la Fédération de 1970 à 76. Il organise les Olympiades de Nice de 1974, superbe réussite sur le plan technique, mais très lourd déficit financier. Le bureau fédéral en sort laminé et Raoul Bertolo démissionne peu après. Il reprendra la présidence de la FFE de 87 à 89.

Ce même Raoul Bertolo évoquait à demi-mot dans le bulletin Allez la Tour ! de juin 1971, la disparition tragique de Julien Naegely (en arrière-plan à droite). « Julien Naegeli est mort tragiquement dans un incendie. Il habitait rue des Granges, je crois, au-dessus d’un magasin, où le feu se serait déclaré et communiqué à son appartement », nous précise Maxcellend Coulon. Une bien triste finale pour un joueur d’échecs…

Pique-nique échiquéen

« Une équipe de 10 joueurs du Cercle dijonnais d’échecs s’est rendue à Besançon, le dimanche 22 juin, pour y rencontrer le Cercle d’échecs de Besançon. L’accueil fut des plus cordial. Le Cercle républicain avait aimablement mis sa salle à la disposition des joueurs. Le match fut suivi d’un déjeuner intime sur les verdoyantes hauteurs du plateau de Bregille, qui offrent le si ravissant panorama de la ville harmonieusement enlacée dans la boucle du Doubs. Chacun emporta de cette belle journée un inoubliable souvenir. Nous nous plaisons à rendre hommage à l’équipe bisontine qui s’est brillamment distinguée » pouvait-on-lire dans le Progrès de la Côte-d’Or, 19 juillet 1930 sur Retronews.

Heureux temps où les parties se terminaient par un joyeux déjeuner sur l’herbe  – Le point de vue de Bregille d’une ancienne carte postale

 Notre bonne vieille Tpg, le 22 juin 1930, avait tout juste 1 an 2 mois et 16 jours, connue alors comme le Cercle d’Échecs de Besançon fondé par le commerçant bisontin Picard sur les cendres de l’ancienne Société des Echecs bisontins, le 6 mars 1929. Heureux temps où les compétitions par équipes se terminaient par un joyeux déjeuner sur l’herbe à la Monet. La salle prêtée aimablement par le Cercle Républicain est sans doute la salle républicaine déjà évoquée. À remarquer le fair-play des joueurs dijonnais dans le style fleuri de l’époque. À noter également, l’encart de belle taille dans un journal qui ne comportait que six pages !

Mort d’un Président

Le nom de Robert Picard, notre président-fondateur, travailleur infatigable à la « propagande » de notre jeu, comme l’on disait alors, ne vous est certainement plus inconnu. Dans un bulletin du Cercle de La Tour Prends Garde d’avril 1972, nous apprenons son décès le 14 février de cette même année. Pas de date de naissance, mais en 1910, il traînait déjà ses guêtres échiquéennes en Indochine et en 1889, il avait 13 ans. Notre gaillard « avale son échiquier » à l’âge canonique de 96 ans. Les Échecs conservent !

Il est probable qu’aucun de nos sociétaires n’ignore le décès survenu à Chambéry, le 14 février dernier de notre Président fondateur et vieil ami Robert PICARD. Nous pensons devoir rappeler ici son activité débordante en faveur des échecs. C’est en Angleterre où il faisait un séjour pour apprendre la langue de Shakespeare en 1889 qu’une jeune fille initia aux arcanes des Échecs le jeune parisien Robert PICARD âgé de 13 ans. En 1910, il fait partie d’un carde d’échecs à Saïgon où il apprend la théorie. À la veille de la Grande Guerre, il est inscrit au cercle de la « Rive Gauche». Le hasard l’amena à Besançon en 1927, où il installa rue Morand un atelier de mécanographe qui devait devenir un centre de rayonnement des échecs par la publication de 1948 à 1963 d’un bulletin mensuel La Tour Prends Garde ayant abonnés et correspondants jusqu’en Australie.

À son arrivée en Franche Comté, il n’existait aucun cercle non plus qu’en Bourgogne. Ayant retrouvé à Besançon quelques membres de l’ancienne Société des Échecs dont il est parlé dans la Stratégie  des années 1874 à 1897 et que la grande guerre avait dispersés, il fonda le 6 mars 1928 le Cercle d’Échec de Besançon, désigné communément depuis 1950 sous le nom de La Tour Prends Garde. En 1929, il organise le cercle dijonnais d’échecs, puis en 1931 Pontarlier, en 1932 Dole, en 1934 Montbéliard, année de la naissance de la Ligue de Bourgogne branche Comté. Après l’assoupissement dû à la guerre et l’occupation, Robert PICARD remet rapidement en route la machine de telle sorte que sa “Ligue” devait rassembler en 1953, 375 joueurs dans 21 cercles. Parallèlement, il suscitait la formation de cercles scolaires, se dépensant sans compter pour donner des cours dans les établissements, résultat 278 membres dans 8 cercles en 1954. Il organisa à Besançon, en 1949, le 24ème championnat de France, fournissant un matériel considérable qu’il devait prêter gratuitement par la suite pour d’autres championnats et notamment celui de Charleville.

À la Brasserie Granvelle, en 1959, à côté de ce beau vieillard à la moustache d’entre-deux-guerres, ce joueur en face de Maurice Thuriet
serait notre valeureux fondateur, selon le tout jeune Alain Sermier (17 ans) qui le connu peu de temps dans les années 70 ¹.

L’une de ses grandes déceptions fut l’action néfaste du Président BERMAN qui eut pour effet en 1956/57 de détacher les cercles de l’UNCE dont certains passèrent à la F.S.G.T. parmi lesquels le Roi Blanc Peugeot (100 membres), dont il avait assuré les débuts. Il s’en suivit de graves dissentiments avec la Fédération dont il abandonnait la Vice-Présidence après 4 années d’exercice.

Président pendant 32 ans du cercle de Besançon et 13 ans de la Ligue Bourgogne-Franche Comté, il devait passer le flambeau à Monsieur Maurice THURIET, ne conservant que les fonctions de trésorier jusqu’à son départ, en avril dernier, à Chambéry près de son fils Claude, lui-même joueur d’échecs. Son activité échiquéenne s’y est d’ailleurs manifestée par l’organisation du cercle de Chambéry qui pour ses débuts n’a pas hésité à s’engager dans la Coupe de France².

À sa chère épouse qui l’avait tant aidé à la confection de son bulletin, à ses enfants nous renouvelons l’expression de nos sentiments de douloureuse sympathie.

¹ Pour notre ami Maxcellend Coulon, les deux personnages désignés ne sont  pas notre président fondateur, Robert Picard et son successeur, Maurice Thuriet. Maxcellend nous enverra bientôt des photos en sa possession, ainsi que quelques souvenirs.
² Renseignements pris auprès de nos amis chambériens, notre brave Président Picard et son fils Claude sont inconnus au bataillon !

Logos

   
Un enveloppe avec logo du club difficile à dater

Retrouvée dans nos archives, un petit lot d’enveloppes avec l’écusson du club (on ne disait sans doute pas logo à l’époque) difficile à dater. Cette tour au style vieillot est peut-être celle des origines ! En tous cas, encore utilisé dans les années soixante-dix par le Président Robert Poly dans ce petit livret qu’il confectionnât en souvenir d’une rencontre internationale par équipe à Huddersfield (dans le nord de l’Angleterre) en 1978. Au centre, les armoiries de la ville, l’aigle à deux têtes du Saint-Empire romain germanique et les Colonnes d’Hercule héritées de la tradition romaine, accordées à la ville franc-comtoise par Charles Quint en 1537, avec la devise : « Utinam », Plaise à Dieu. Armoiries que l’on utilisait toujours dans les années 90 sous quelques déclinaisons :

Un en-tête de papier à lettre du club, résolument plus moderne des années 90 également, mais qui apparemment ne fit pas recette, car nous utilisions l’écusson ci-dessus encore récemment.

En 2017, nous abandonnâmes notre écusson pour un logo plus moderne, délaissant les armoiries, mais pour nous inspirer toujours de celui de la ville.

Berg-Op-Zoom

« Il est vraisemblable, écrivait Maurice Thuriet¹, que, dès avant 1870, existait à Besançon une société d’échecs, dont le président n’était autre que l’artiste-peintre Charles-Jules-Nestor Bavoux, l’un des fondateurs de l’école des Beaux-Arts de Besançon avec Becquet et Giacomoto qui se réunissaient au Berg-Op-Zum, un café disparu du Faubourg Rivotte² », sans doute après la Guerre de 40. Cette carte affranchie d’un timbre à l’effigie de Pétain en témoigne.

Le Berg-op-Zoom au premier plan – Mémoire vive

Lieu historique que cet estaminet faubourien qui abrita le tout premier club d’échecs bisontin, sans doute pour peu de temps. Ces braves notables qui composaient ce cercle (entre autres le marquis Sylvestre de Jouffroy d’Abbans, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon), l’abandonnèrent pour la plus bourgeoise Brasserie Granvelle du centre-ville.

À droite, l’enseigne de cette gargote faubourienne du vieux Besançon. Avec l’aimable autorisation de cpa-besancon.fr

Les puristes me diront : « Cette société des échecs bisontins, ce n’est pas notre Tpg, née le 6 mars 1929 à la Brasserie Granvelle ! » Sans doute, mais elle en est la sœur ainée, car notre valeureux Président fondateur, l’infatigable Robert Picard, la reconstitua de ses cendres avec l’aide d’anciens membres des origines : Zani, Poincenot, le Commandant Guilleminot et quelques autres. Peu de club peuvent s’enorgueillir d’une tradition vieille de 150 ans !

Un petit tour sur Street View vous révèlera l’aspect d’aujourd’hui malheureusement moins pittoresque de ce 60 Faubourg Rivotte !

¹ Une société bisontine centenaire.
² Sans doute dans l’entre-deux-guerres. Natif de ce vieux quartier bisontin, j’ai encore à l’oreille ces trois syllabes exotiques, évoquées par mon vieux père et restée dans ma mémoire de gamin, de ce café célébrant le siège de Berg-op-Zoom.

La tour chez le bouqiniste

Ces 80 « Tour, Prends Garde » ont plus pour nous (et la Ligue) une valeur historique (et affective) qu’échiquéene.

Une retombée un peu étonnante, mais intéressante du petit article sur le bulletin La Tour, Prends Garde, le coup de téléphone d’un bouquiniste bordelais qui, suite au décès d’un joueur passionné, a récupéré récemment toute une palette de vieux bouquins. Parmi eux, ce carton de notre ancien bulletin ! Environ 80 et en très bon état. Malheureusement, pas de l’année de création 1946 (et non pas 1949, comme je le pensais). Récupérer ces moments de notre histoire aura un coût et nous allons étudier cette possibilité.