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Une analyse du Maître Pellabeton

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Dans les années 90, notre club s’enorgueillissait de la présence du Grand Maître Pellabeton. En farfouillant dans nos archives, je découvre son analyse très détaillée à la calligraphie parfaite d’écolier consciencieux de la partie Ovieve – Hugonnot. Pas de crise de narcissisme de ma part, elle n’est point trop à mon avantage. Disons que je débutais et que je joue beaucoup, beaucoup mieux aujourd’hui  🙂 Partie commentée sans doute pour un bulletin de l’époque. On ne peut qu’apprécier le travail. Il faut nous rappeler, que dans ces années-là, point d’ordi, de ChessBase et de Stockfish, uniquement le joueur face à son échiquier. Les anciens auront reconnu le sieur Pellabeton comme notre ami Bernard Pellaton, réputé pour son jeu solide, voire quelque peu bétonné !

Une partie typique d’amateur. Claude, à mon avis, a eu l’avantage jusqu’au 13e coup. Que c’est-il passé dans sa tête pour qu’il joue 13…Nxe2, alors qu’il avait très bien joué jusque là. 23. ..d5 est aussi une faute importante Enfin la finale est resté nulle jusqu’au 31e coup, après, c’est effectivement plus difficiles de sauver la partie.

Bernard Pellaton, 27 octobre 1994

* François Chevaldonnet, Maître International, Champion de France en 1976 et membre de notre club à l’époque.

Carrossier et joueur d’échecs

Fernand Mamy est décédé le 8 décembre dernier. J’ai rencontré Fernand dans les années 1975/80 et même si nous nous étions perdus de vue, je garde le souvenir d’un homme intelligent et profondément humaniste. Au-delà de ses qualités humaines et professionnelles reconnues, il était aussi un très fort joueur d’échecs. C’est dans ce contexte associatif que je l’ai connu et apprécié. « Carrossier et joueur d’échecs », ainsi titrait l’Est Républicain de l’époque.

Maxcellend Coulon au premier plan à gauche, à côté de Mamy, le carrossier bisontin. Cliché de Bernard Faille pour l’Est Républicain, 1976.

Fernand a été champion de Franche-Comté avant l’avènement de Max Coulon. Dans les années 1970, il était aussi le sélectionneur de l’équipe de la ligue de Franche-Comté. À cette époque, les compétitions inter-ligues existaient. Dans ce cadre, il m’avait sélectionné en 1975, alors que je débutais mon parcours (je n’ose pas écrire ma carrière) échiquéen. En novembre 1975,  j’ai participé à une rencontre contre la ligue de Normandie. Voici cette partie qui montrera aux jeunes générations comment on se débrouillait à l’époque. Nous n’avions bien sûr pas de classement elo.

Bernard Pellaton

MVL et Édouard Bonnet

Quand MVL est devenu champion de France contre un tépégiste !

Maxime Vachier-Lagrave au tournoi des candidats, avril 2021 à Iekatérinbourg – © Lennart Ootes / FIDE Wikimedia Commons

Maxime Vachier-Lagrave, sacré champion du Monde d’échecs blitz, en battant Jan-Krzysztof Duda lors des départages, battant notamment Magnus Carlsen lors de la dernière ronde et ce super résultat a réjoui tous les passionnés de notre jeu tant MVL fait la quasi-unanimité grâce à son talent, mais aussi sa personnalité.

Quel rapport avec la Tour, Prends Garde, me direz-vous ? Il y en a un assez lointain avec un ancien adhérent de notre club, Édouard Bonnet qui débuta son parcours dans notre club (j’étais, à l’époque, président) sous l’égide de François Chevaldonnet. En 1997, j’avais embarqué dans ma prestigieuse limousine (en vérité une Fiat Brava, on a les rêves qu’on peut), la famille Bonnet et François… direction Montluçon où se déroulait le championnat de France des jeunes.

Dans ce championnat petits poussins Édouard, 7 ans, et Maxime, 6 ans, je crois, étaient au-dessus du lot et ont dominé. Maxime finit par l’emporter, mais Édouard avait démontré son talent précoce.

Édouard  affronte de nouveau Maxime à Pau, l’année suivante : « Dans mon souvenir, poursuit MVL sur son site mvlchess.com, c’était un tournoi difficile, avec des parties accrochées. On ne gagnait plus du matériel avec des petites combinaisons faciles, comme deux ou trois ans plus tôt ! Mais le tournoi s’est déroulé de la plus parfaite des façons, puisque j’ai fait le plein avec 7/7, en prenant au passage ma revanche sur Frade Marques dans une très bonne partie ! Mais j’ai perdu la huitième contre Edouard Bonnet, au terme d’une partie assez délirante, sur le Dragon Accéléré que j’affectionnais à l’époque et que j’avais travaillé avec mon entraîneur, le MF Eric Birmingham. »

Bonnet, Édouard – Vachier Lagrave, Maxime, Pau 2000

« J’ai une Q nette de plus et j’ai le trait, et c’est pourtant moi qui suis en danger ! J’ai raté la nulle et j’ai fini par m’incliner, permettant à mon adversaire du jour de me rejoindre à 7/8. »

Édouard arrêta cependant les échecs, puis il les reprit en 2013/2015. Aujourd’hui, Édouard figure toujours au classement FIDE avec un élo plus que respectable de 2350.

Bernard Pellaton

Fernand Mamy

Fernand Mamy

Un découverte tristounette dans l’Est Républicain, la mort d’une figure bien connue des échecs bisontins (du moins des anciens), Fernand Mamy. Passionné de notre jeux, il avait remporté  le championnat de Franche-Comté.  Il fut, dans les années soixante, le Président du Roi Blanc Besançon, émanation, avant guerre, de la Tpg, mais devenu un club rival. « À cette époque, nous rapporte Bernard Pellaton,  il y avait eu, comme c’est assez bien relaté dans les coupures de presse du Comtois que Claude a retrouvé, quelques « différents » avec les responsables de la TPG, souvent qualifiés de « bourgeois élitistes » à peine capables de maintenir leurs supposées prérogatives sur les échecs bisontins. Pour caricaturer, les tépégistes fumaient le cigare et jouaient dans les cafés (plutôt une brasserie assez chic) alors que les responsables du Roi Blanc Bisontin travaillaient pour « le peuple » à la MJC de la Grette. C’est à peu près ainsi qu’on m’avait décrit le paysage échiquéen bisontin. » Sincères condoléances à toute la famille.

Les siècles passent…

… LES JOUEURS D’ÉCHECS DEMEURENT !

 

Le Petit Comtois¹ du18 février 1895

La Société des amateurs du jeu des échecs, fondée en 1868 par Charles Bavoux, également nommée la Société des Échecs Bisontins, est la sœur ainée de notre Tpg. Forte de plus de cent membres, elle ne résista cependant pas à la Grande Guerre. Mais quelques-uns de ses membres continuèrent à se rencontrer au Café Granvelle et fondèrent, le 6 mars 1929, notre bonne vieille Tour, Prends Garde sous le titre plus pompeux de Cercle des Échecs Bisontin.

Rien ne change ! Élection du bureau, où nous retrouvons le pharmacien Adrien Nicklès², auteur d’un article précieux pour l’histoire des échecs bisontins, et nos joueurs fin de siècle proposaient déjà aux citadins des initiations pour faire découvrir notre jeu éternel. À noter que les membres de cette honorable société se réunissaient tous les jours ! Il est vrai que la recherche de distractions vespérales (peu nombreuses, ni télé, ni ordi) les poussait à les trouver à l’extérieur, avec en prime sans doute, une belle convivialité.

Le Cercle Républicain – Clichés Michel Brignot

Question : « la petite salle des réunions à côté du Café Granvelle » n’est-elle point la Salle Républicaine, où, un siècle plus tard, quasiment jour pour jour, notre tpg s’installa pour quelques années avant de rejoindre le Snooker Club ?

¹ Le Petit Comtois, publié d’août 1883 au 22 mai 1944 à Besançon, rayonnait sur toute la Franche-Comté. Journal républicain démocratique et anticlérical, il deviendra au fil des années un puissant vecteur d’influence et d’éducation politique.
² Adrien Nicklès appartient à une dynastie de pharmacien et scientifique originaire d’Erstein. C’est à l’âge de 31 ans que ce jeune pharmacien, venu du Bas-Rhin, désireux de devenir Français, arrive à Besançon où il s’installe, partageant son temps entre son officine et d’innombrables responsabilités : président du Syndicat des pharmaciens du Doubs, responsable du service de l’assistance départementale pour ce qui concerne la pharmacie, Président du Comité de patronage des étudiants de l’Université de Besançon, fondateur de la société d’histoire naturelle du Doubs, il se passionne pour la géologie, la botanique, créé le club des échecs, anime le club alpin et fonde la société philatélique. Ses publications, nombreuses, ses communications auprès des sociétés savantes bisontines et d’un large public en font le type même du pharmacien érudit, compétent et enthousiaste, et dévoué à ses compatriotes. La ville lui rend hommage en donnant le nom d’une allée près du Centre Hospitalier Régional et Universitaire Jean Minjoz et de la Faculté de Médecine et de Pharmacie.

Vœux pour une saison normale !

L’Est Républicain du 17 janvier 1953

Notre ami Steve Richard de Belfort-Échecs m’envoie cette coupure de presse vieille de 68 ans et qui semble étonnamment d’actualité. Dieu du ciel ! Que c’est-il donc passé en 1952 ? 🙂

La coupe est loin d’être pleine !

Un clic pour les inscriptions

Une découverte sympathique au cours de notre déménagement : une coupe de belle allure datant de 1935. Récompensant sans doute les « Tpgistes » d’alors, vainqueurs de l’équivalent de nos tournois internes. Sur la coupe, les noms des vainqueurs de 1935 à 1950. On y retrouve : Picard, Clerc, Poincenot et d’autres, les fondateurs de notre club en 1929. « Tour, Prends Garde ! » n’était encore, dirait-on aujourd’hui, qu’un pseudo. Notre club portait encore fièrement le titre de « Cercle d’Échecs Bisontin ». C’est dans les années 2000, que nous remplaçâmes cercle par le plus démocratique club, mais l’usage fit de nous, et pour longtemps encore, je l’espère : La Tour, Prends Garde !

En 1935, notre doyen Michel avait deux ans ! Bientôt 87 ans et toujours prêt à donner un coup de main, illustrant parfaitement
la maxime de Capablanca : « On n’a jamais que l’âge auquel on a commencé à jouer aux Échecs, car après on cesse de vieillir. »

Voilà, c’est fait ! Depuis ce lundi 7 septembre, 14 h 30, nous posons nos valises et nous sommes officiellement installés à la Maison de Quartier de Rosemont Saint-Ferjeux, bousculant des habitudes vieilles de trente-ans. Mais en bon joueur d’échecs, nous savons qu’il peut être bon de temps en temps de changer d’ouverture !

Un char des échecs au Carnaval

Mme Poly poursuit ses anecdotes sur son fiston Robert Poly, notre Président à la fin des années 70 qui semblait ne pas manquer d’idées pour valoriser notre club !

« Le printemps 78 fut marqué par une autre initiative de Robert sur le plan échiquéen : la ville de Besançon ayant ressuscité l’ancienne tradition d’un défilé de chars de carnaval, les édiles municipaux firent appel à toutes les bonnes volontés et en particulier à toutes les associations.
Malgré la réticence de certains membres du Cercle, Robert proposa La tour, Prends Garde ! pour la construction d’un char. Leur candidature fut acceptée, car sur plusieurs centaines d’associations bisontines, il ne s’en trouva que cinq qui acceptèrent de construire un char.
Le travail fut entrepris, dans les ateliers municipaux, par quelques joueurs de bonne volonté : tour de 4 mètres de haut entourée de rochers en papier peint et jeunes élèves de l’école d’échecs locale costumés pour figurer les pièces et faire des démonstrations sur un échiquier géant ! »

Antoinette Poly, mère de Robert Poly.

Extrait du bulletin N° 2 de la Ligue 77-78. Si vous possédez des photos de cet événement, contactez-moi.

La Tpg outre-Manche

Dans nos archives, je retrouve toute une série de documents sur Robert Poly, président de la Tpg dans les années soixante-dix, rassemblés avec tout l’amour d’une mère par Mme Antoinette Poly en hommage à son fils trot tôt disparu en 1992 à 38 ans.

« En novembre 77, avec le Cercle d’Échecs de La Tour, Prends Garde ! dont il est le président, Robert fait appel aux meilleurs joueurs bisontins pour constituer une équipe solide pour représenter la ville de Besançon dans la compétition sportive qu’organise chaque année en Angleterre, la ville d’Huddersfield, ville jumelle de Besançon, compétition à laquelle Besançon n’avait présenté jusque là aucune équipe dans aucun sport.
Le trophée, coulé dans l’argent, fut gagné par l’équipe allemande d’Unna, mais l’équipe bisontine rapporta de cette rencontre internationale au magnifique Centre Omnisport d’Huddersfield, le souvenir d’une grande amitié pleine de considération. Maître Maurice Thuriet qui fit parti de l’expédition en tant que Président de la Ligue de Franche-Comté, écrivit dans un petit bulletin — rapport composé à l’occasion de cet événement échiquéen : « L’équipe bisontine avait emporté un échiquier géant fabriqué par Poly, les cases noires étant représentées pas des photographies de Besançon qu’il avait lui-même prises. Ce cadeau provoqua une grosse surprise et nos hôtes, ravis, décidèrent qu’il resterait en permanence exposé dans le hall d’honneur de leur mairie. » Il me faut dire que Robert, dans son adolescence s’était beaucoup passionné, avec son frère jumeau Jean-Luc, pour la photographie et qu’ensemble, ils avaient aménagé dans notre maison un petit laboratoire pour développer. »

Antoinette Poly

Besançon – Huddersfield, 1978

Notre ancien président (des années soixante-dix), Robert Poly, lors d’une rencontre internationale par équipe à Huddersfield (dans le nord de l’Angleterre) en 1978. Debout, à l’échiquier voisin, le Grand Maître anglais Berny Platherton au pull-over très british.

Robert Poly offre le cadeau. La personne souriante qui se tourne vers l’objectif dans le coin gauche est sans doute Fernand Mamy et François Cordier, de profil et portant lunettes, près de l’échiquier. Sur l’autre cliché, Christophe Bordet, jeune et chevelu, se penche sur son échiquier. De dos, le très sérieux Maurice Thuriet, conseiller à la cour d’Appel, historien à ses heures, ancien président du club et trésorier d’alors. Notre ami Bernard Petetin disait de lui : « On n’avait guère envie de lui taper sur le ventre ! » Quant au célèbre GMI british, Berny Platherton, ce n’est autre que notre Bernard Pellaton dont les Anglais avaient estropié le nom. Seul Ali a flairé la blague !

Un clic pour ouvrir le livret de Robert Poly sur cet événement.

Émouvant de retrouver ce petit livret confectionné par Robert à son retour d’Angleterre avec le soin d’un écolier studieux. Il est vrai qu’Internet n’existait point alors pour faire passer les nouvelles. Vous y retrouverez des noms connus : nos deux Bernard, Courtot et Petetin dans l’équipe honneur (mazette !) et notre regretté Black Chavet, René Chavetnoir.

La MPT de la Grette

Dimanche 8 décembre, se déroulait à la Maison de Quartier Grette-Butte, la deuxième journée de Nationale III jeunes. Retour au source car, dans les années soixante-dix, les échecs s’invitaient régulièrement à la Maison pour Tous de la Grette. Voici quelques coupures de presse de l’époque.

     
 Robert Poly, et Christophe Bordet et Robert Poly entouré de Jean-Robert Vesin et  Jean-Christophe Basaille

Serge Naudier, gamin à l’époque, se souvient : « Le tram n’existait pas ; on n’y allait en bus, à pied ou en voiture. Pour ma part, souvenir intense (et ému) de Robert Poly qui nous avait fait passer, je crois, le test Tour ou Cavalier. C’est à la MPT que j’ai fait la connaissance des premiers ordinateurs que Jean-Christophe Basaille (autre disparu tragique) savait manipuler. Que d’intenses souvenirs !

Échecs le soir à la M.P.T. de la Grette, Serge devant le jeu électronique de Texas Instrument en1978. Clichés de B. Faille, Est Républicain.

Il y avait les rencontres Bordet – Vesin et Aebischer – Coulon : du grand spectacle ! C’est là aussi qu’il y a eu un « Samedi-Kasparov » quand l’Azéri était l’étoile montante des échecs mondiaux. Il y avait là Serge Zaragoza et Gilles Vuitton, Jean-Luc Ranquet. Aussi les Mercier (frère et sœur, je ne me souviens plus de leur prénom, Florence Kratz… J’y ai fait la connaissance de Philippe Guyot, de mémoire en 79 ; à l’époque, il s’amusait à me cacher mes coupes : c’était hier. Souvenirs, souvenir… »

           
Serge devant l’échiquier, observé par, entre autres, Robert Poly, Christophe Bordet, René Chavetnoir.

Nous y organiserons, dans la grande salle polyvalente, le championnat scolaire en janvier et sans aucun doute notre prochain open de la Toussaint dans un cadre plus agréable et plus proche du centre ville que la Malcombe.