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Pique-nique échiquéen

« Une équipe de 10 joueurs du Cercle dijonnais d’échecs s’est rendue à Besançon, le dimanche 22 juin, pour y rencontrer le Cercle d’échecs de Besançon. L’accueil fut des plus cordial. Le Cercle républicain avait aimablement mis sa salle à la disposition des joueurs. Le match fut suivi d’un déjeuner intime sur les verdoyantes hauteurs du plateau de Bregille, qui offrent le si ravissant panorama de la ville harmonieusement enlacée dans la boucle du Doubs. Chacun emporta de cette belle journée un inoubliable souvenir. Nous nous plaisons à rendre hommage à l’équipe bisontine qui s’est brillamment distinguée » pouvait-on-lire dans le Progrès de la Côte-d’Or, 19 juillet 1930 sur Retronews.

Heureux temps où les parties se terminaient par un joyeux déjeuner sur l’herbe  – Le point de vue de Bregille d’une ancienne carte postale

 Notre bonne vieille Tpg, le 22 juin 1930, avait tout juste 1 an 2 mois et 16 jours, connue alors comme le Cercle d’Échecs de Besançon fondé par le commerçant bisontin Picard sur les cendres de l’ancienne Société des Echecs bisontins, le 6 mars 1929. Heureux temps où les compétitions par équipes se terminaient par un joyeux déjeuner sur l’herbe à la Monet. La salle prêtée aimablement par le Cercle Républicain est sans doute la salle républicaine déjà évoquée. À remarquer le fair-play des joueurs dijonnais dans le style fleuri de l’époque. À noter également, l’encart de belle taille dans un journal qui ne comportait que six pages !

Mort d’un Président

Le nom de Robert Picard, notre président-fondateur, travailleur infatigable à la « propagande » de notre jeu, comme l’on disait alors, ne vous est certainement plus inconnu. Dans un bulletin du Cercle de La Tour Prends Garde d’avril 1972, nous apprenons son décès le 14 février de cette même année. Pas de date de naissance, mais en 1910, il traînait déjà ses guêtres échiquéennes en Indochine et en 1889, il avait 13 ans. Notre gaillard « avale son échiquier » à l’âge canonique de 96 ans. Les Échecs conservent !

Il est probable qu’aucun de nos sociétaires n’ignore le décès survenu à Chambéry, le 14 février dernier de notre Président fondateur et vieil ami Robert PICARD. Nous pensons devoir rappeler ici son activité débordante en faveur des échecs. C’est en Angleterre où il faisait un séjour pour apprendre la langue de Shakespeare en 1889 qu’une jeune fille initia aux arcanes des Échecs le jeune parisien Robert PICARD âgé de 13 ans. En 1910, il fait partie d’un carde d’échecs à Saïgon où il apprend la théorie. À la veille de la Grande Guerre, il est inscrit au cercle de la « Rive Gauche». Le hasard l’amena à Besançon en 1927, où il installa rue Morand un atelier de mécanographe qui devait devenir un centre de rayonnement des échecs par la publication de 1948 à 1963 d’un bulletin mensuel La Tour Prends Garde ayant abonnés et correspondants jusqu’en Australie.

À son arrivée en Franche Comté, il n’existait aucun cercle non plus qu’en Bourgogne. Ayant retrouvé à Besançon quelques membres de l’ancienne Société des Échecs dont il est parlé dans la Stratégie  des années 1874 à 1897 et que la grande guerre avait dispersés, il fonda le 6 mars 1928 le Cercle d’Échec de Besançon, désigné communément depuis 1950 sous le nom de La Tour Prends Garde. En 1929, il organise le cercle dijonnais d’échecs, puis en 1931 Pontarlier, en 1932 Dole, en 1934 Montbéliard, année de la naissance de la Ligue de Bourgogne branche Comté. Après l’assoupissement dû à la guerre et l’occupation, Robert PICARD remet rapidement en route la machine de telle sorte que sa “Ligue” devait rassembler en 1953, 375 joueurs dans 21 cercles. Parallèlement, il suscitait la formation de cercles scolaires, se dépensant sans compter pour donner des cours dans les établissements, résultat 278 membres dans 8 cercles en 1954. Il organisa à Besançon, en 1949, le 24ème championnat de France, fournissant un matériel considérable qu’il devait prêter gratuitement par la suite pour d’autres championnats et notamment celui de Charleville.

À la Brasserie Granvelle, en 1959, à côté de ce beau vieillard à la moustache d’entre-deux-guerres, ce joueur en face de Maurice Thuriet
serait notre valeureux fondateur, selon le tout jeune Alain Sermier (17 ans) qui le connu peu de temps dans les années 70.

L’une de ses grandes déceptions fut l’action néfaste du Président BERMAN qui eut pour effet en 1956/57 de détacher les cercles de l’UNCE dont certains passèrent à la F.S.G.T. parmi lesquels le Roi Blanc Peugeot (100 membres), dont il avait assuré les débuts. Il s’en suivit de graves dissentiments avec la Fédération dont il abandonnait la Vice-Présidence après 4 années d’exercice.

Président pendant 32 ans du cercle de Besançon et 13 ans de la Ligue Bourgogne-Franche Comté, il devait passer le flambeau à Monsieur Maurice THURIET, ne conservant que les fonctions de trésorier jusqu’à son départ, en avril dernier, à Chambéry près de son fils Claude, lui-même joueur d’échecs. Son activité échiquéenne s’y est d’ailleurs manifestée par l’organisation du cercle de Chambéry qui pour ses débuts n’a pas hésité à s’engager dans la Coupe de France*.

À sa chère épouse qui l’avait tant aidé à la confection de son bulletin, à ses enfants nous renouvelons l’expression de nos sentiments de douloureuse sympathie.

* Renseignements pris auprès de nos amis chambériens, notre brave Président Picard et son fils Claude sont inconnus au bataillon !

Logos

   
Un enveloppe avec logo du club difficile à dater

Retrouvée dans nos archives, un petit lot d’enveloppes avec l’écusson du club (on ne disait sans doute pas logo à l’époque) difficile à dater. Cette tour au style vieillot est peut-être celle des origines ! En tous cas, encore utilisé dans les années soixante-dix par le Président Robert Poly dans ce petit livret qu’il confectionnât en souvenir d’une rencontre internationale par équipe à Huddersfield (dans le nord de l’Angleterre) en 1978. Au centre, les armoiries de la ville, l’aigle à deux têtes du Saint-Empire romain germanique et les Colonnes d’Hercule héritées de la tradition romaine, accordées à la ville franc-comtoise par Charles Quint en 1537, avec la devise : « Utinam », Plaise à Dieu. Armoiries que l’on utilisait toujours dans les années 90 sous quelques déclinaisons :

Un en-tête de papier à lettre du club, résolument plus moderne des années 90 également, mais qui apparemment ne fit pas recette, car nous utilisions l’écusson ci-dessus encore récemment.

En 2017, nous abandonnâmes notre écusson pour un logo plus moderne, délaissant les armoiries, mais pour nous inspirer toujours de celui de la ville.

Berg-Op-Zoom

« Il est vraisemblable, écrivait Maurice Thuriet¹, que, dès avant 1870, existait à Besançon une société d’échecs, dont le président n’était autre que l’artiste-peintre Charles-Jules-Nestor Bavoux, l’un des fondateurs de l’école des Beaux-Arts de Besançon avec Becquet et Giacomoto qui se réunissaient au Berg-Op-Zum, un café disparu du Faubourg Rivotte² », sans doute après la Guerre de 40. Cette carte affranchie d’un timbre à l’effigie de Pétain en témoigne.

Le Berg-op-Zoom au premier plan – Mémoire vive

Lieu historique que cet estaminet faubourien qui abrita le tout premier club d’échecs bisontin, sans doute pour peu de temps. Ces braves notables qui composaient ce cercle (entre autres le marquis Sylvestre de Jouffroy d’Abbans, membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon), l’abandonnèrent pour la plus bourgeoise Brasserie Granvelle du centre-ville.

À droite, l’enseigne de cette gargote faubourienne du vieux Besançon. Avec l’aimable autorisation de cpa-besancon.fr

Les puristes me diront : « Cette société des échecs bisontins, ce n’est pas notre Tpg, née le 6 mars 1929 à la Brasserie Granvelle ! » Sans doute, mais elle en est la sœur ainée, car notre valeureux Président fondateur, l’infatigable Robert Picard, la reconstitua de ses cendres avec l’aide d’anciens membres des origines : Zani, Poincenot, le Commandant Guilleminot et quelques autres. Peu de club peuvent s’enorgueillir d’une tradition vieille de 150 ans !

Un petit tour sur Street View vous révèlera l’aspect d’aujourd’hui malheureusement moins pittoresque de ce 60 Faubourg Rivotte !

¹ Une société bisontine centenaire.
² Sans doute dans l’entre-deux-guerres. Natif de ce vieux quartier bisontin, j’ai encore à l’oreille ces trois syllabes exotiques, évoquées par mon vieux père et restée dans ma mémoire de gamin, de ce café célébrant le siège de Berg-op-Zoom.

La tour chez le bouqiniste

Ces 80 « Tour, Prends Garde » ont plus pour nous (et la Ligue) une valeur historique (et affective) qu’échiquéene.

Une retombée un peu étonnante, mais intéressante du petit article sur le bulletin La Tour, Prends Garde, le coup de téléphone d’un bouquiniste bordelais qui, suite au décès d’un joueur passionné, a récupéré récemment toute une palette de vieux bouquins. Parmi eux, ce carton de notre ancien bulletin ! Environ 80 et en très bon état. Malheureusement, pas de l’année de création 1946 (et non pas 1949, comme je le pensais). Récupérer ces moments de notre histoire aura un coût et nous allons étudier cette possibilité.

Picard et la Tour, Prends Garde

« La Tour, Prends garde, le plus vieux cercle bisontin fut créé en 1928, pouvait-on lire dans L’Est Républicain du 6 décembre 1961, par Robert Picard, commerçant bien connu de la rue Moncey. C’est lui qui introduisit dans notre ville le jeu d’échecs et anima avec une belle ardeur, des années durant, la seule équipe bisontine qui exista alors ; il fonda ensuite Le Cavalier Noir à l’École d’horlogerie et Le pion gênant au Lycée Victor Hugo. La Tour, cependant, poursuivait le journaliste, fut toujours composée de personnalités bisontines assez en vue qui aimaient se retrouver tranquillement autour d’une table à la Brasserie Granvelle, aux jours et heures fixes dans une  atmosphère de bonne camaraderie. »

Septembre 1959 – Échecs au café Granvelle, photographies de Bernard Faille, Est Républicain.

Voilà une image quelque peu bourgeoise et pantouflarde de notre Tpg des années soixante ! Ce qu’elle n’est plus aujourd’hui, fort heureusement. Du beau monde, sans aucun doute : le personnage à lunette à droite de la joueuse (à noter que cela ne devait pas être si fréquent à l’époque) doit-être Maurice Thuriet, conseiller à la cour d’Appel, historien à ses heures et qui succéda à Picard à la présidence de notre club. Quelques erreurs, 1929 est la date de création de notre club et, surtout, il fut précédé par une sœur aînée de plus de soixante ans, la Société dés Échecs bisontins qui vit le jour en 1868, fondée par le peintre franc-comtois Charles Jules Nestor Bavoux, fondateur également de l’École des Beaux-Arts. En 1959, Picard était encore président et peut-être figure-t-il sur l’une de ces photos ? En tout cas, de l’ardeur, il n’en manquait pas, à l’initiative de la création de la plupart des clubs régionaux et de la revue, en 1949, qui donna son nom à notre club : La Tour Prends Garde. Il nous en reste quatorze dans nos archives, malheureusement uniquemlent en version numérique* (un clic pour le fichier pdf) :

Tpgistes ou visiteurs qui passez par là, si vous avez les numéros manquants, ou les originaux, n’hésitez pas à nous les confier.

* Vous les retrouverez dans l’onglet Tépégiades/Bulletins.

La « Tour Prends Garde »

« La Tour Prends Garde, bulletin de la Ligue de Bourgogne et Franche-Comté vient de paraître, annonce La Bourgogne républicaine du 5 février 1949 sur Retronews. R. Picard, fondateur, directeur-président de la Ligue, vice-présidente de la Fédération Française des Échecs, 12 rue Morand, Besançon (C.C.P. Picard Échecs B.F.C 428.88 Dijon), in-8, 24 pages ; abonnement : 200 fr. Paraît tous les 15 du mois.
Petit fascicule vert espérance, très soigneusement ronéotypé, rendant compte de l’activité de la Ligue de Bourgogne et de Franche-Comté, tout empreint de l’esprit dynamique de son actif et entreprenant protagoniste qui, en quelques années, a fait de sa ligue l’une des plus fleurissantes et actives de France.
Bonne propagande, excellente liaison Inter-cercles, très bon travail de propagande en faveur des Échecs français. Une belle Initiative doit être encouragée et soutenue. »

Nous avons bien souvent évoqué dans ces pages, la provenance du nom de notre club « La Tour Prends Garde ». Maurice Thuriet, président dans les années soixante, évoquent la naissance de la Tpg à la brasserie Granvelle sous l’impulsion de Picard : « C’est la qu’à son arrivée à Besançon en 1927, M. Picard, qui avait été initié aux échecs à l’âge de 13 ans par une jeune fille anglaise, alors qu’il faisait un séjour pour apprendre la langue de Shakespeare retrouva MM. Zani, Poincenot, le Commandant Guilleminot et quelques autres. Après avoir reconstitué légalement le Cercle d’échecs de Besançon, M. Picard fonda celui de Dijon, puis de Montbéliard, Pontarlier, Baume-les-Dames et d’autres encore ; il aida le Cercle des usines Peugeot à ses débuts et donna des cours dans les établissements scolaires ou des cercles très importants naquirent — le lycée d’Horlogerie dépasse même une année les 100 joueurs — il édita sous le titre « La Tour Prends Garde » un bulletin de liaison pour lequel il eut des abonnés jusqu’en Australie. C’est du fait de ce bulletin que le Cercle d’échecs de Besançon est couramment dénommé la « Tour Prends Garde ».

Un diagramme fait sans doute à la main par R. Picard

Il nous en reste quelques exemplaires, heureusement numérisés par Pascal Pichelin, notre webmaster de la première heure, et ainsi sauvés de nos déménagements. Voici le plus ancien en notre possession, celui de juillet 1954. Le bulletin était vendu 25 frs de l’époque soit 0,50 €.

Un clic pour le pdf

Gaillard énergique que ce Picard, fondateur-président de la Ligue de Bourgogne Franche-Comté, vice-président de la FFE et qui fut notre président pendant 32 ans, record inégalé à ce jour. Il semblerait donc, au vu de la date de cet article, que cette revue fut fondée en 1949. La même année, Picard, organisait, du 2 au 11 septembre, le 24e Championnat de France à la Brasserie Granvelle.

Local

Dans un article, paru dans Franche-Comté et Monts-Jura¹ du 15 Juillet 1934, Adrien Nicklès, pharmacien à Besançon (1853-1936), conte ses souvenirs du Cercle des Échecs fondé en 1868, sans doute autre nom de la Société des Échecs de Besançon, relatant la vie et la mort de cette association. Ce cercle « fut fondé en 1868 par un petit groupe d’amateurs dont faisaient partie le conseiller Clère, le marquis Sylvestre de Jourfroy, Phil. Faucompré, Cretin, les peintres de Lispré et Honoré Chapuis. Ils se réunissaient dans une petite salle du Café Granvelle. « Tous les amateurs du jeu d’échecs peuvent, du reste, se présenter tous les jours, pouvait-on lire dans Le Petit Comtois du 18 février 1895, de cinq heures à sept heures et après dîner, dans la petite salle des réunions à côté du café Granvelle ; ils trouveront toujours des partenaires qui se feront un plaisir de les instruire ou de répondre à leur gracieuse provocation. » Sans doute la Salle Républicaine, où, un siècle plus tard, quasiment jour pour jour, notre Tpg s’installa pour quelques années avant de rejoindre le Snooker Club.

Honoré Chapuis (1798 -1896), le peintre cité plus haut – Un coin de Granvelle, 1891.
Ce coin, opposé à la Brasserie Granvelle, n’est autre que le Pavillon du Helder,
détruit en 1925, où se réunissaient les joueurs bisontins de la Belle Époque.
Crédit image : avec l’aimable autorisation de Burston & Hewett.

« Le nombre, toujours grossissant de nos sociétaires nous obligea à déménager, poursuit notre pharmacien, au Pavillon du Helder », après la Grande Guerre, précise notre Président des sixties, Maurice Thuriet² , un café qui se trouvait à l’angle de la rue Mégevand et de la Préfecture, sans doute l’ancien corps de garde  décrit par Gaston Coindre . « Dans l’axe de l’allée principal, Bertrand éleva, en 1879, le petit temple grec que Valet, limonadier, intitulait Salon des rafraîchissements », évoque Gaston Coindre dans Mon vieux Besançon, dont il ne reste plus que le portique à colonnes ioniques encore visible.

Gaston Coindre – Pavillon de rafraîchissement de Valet, Mémoire Vive

La carte postale ci-dessous, de la fin du XIXe siècle, nous offre le cadre plus réaliste du lieu où se rencontraient les pousseurs de bois de la Belle Époque et, qui sait, peut-être quelques uns sont-ils là, parmi ces braves bourgeois bisontins, posant crânement sous l’œil du photographe.

Café Cassard, vers 1880-1900 – Mémoire vive

« Mais survint la guerre, et avec elle la fatale et graduelle débandade, conclut tristement notre apothicaire échéphile. Le chiffre réduit des camarades nous ramena à notre primitif Granvelle. C’est là qu’était né, c’est là que s’éteignit, il y a quelques années, notre regretté Cercle des Échecs. » Voici une dernière vue de ce petit pavillon vers 1900. Il abritait alors le Cercle de l’A,  l’Association générale des Étudiants de Besançon.

Ce portique à colonnes ioniques supportait un fronton et marquait l’entrée d’un établissement où d’élégantes bisontines venaient se désaltérer. En 1925, la Commission des promenades municipale, souhaitant agrandir la Promenade Granvelle, ordonna la démolition de ce bâtiment menaçant ruine et que l’on appelait alors « le café Helder » ou « le temple grec ». On conservera les quatre colonnes de pierre de son portique afin qu’il serve d’armature à une décoration florale.

¹ L’ancien club des échecs de Besançon.
² Une société bisontine centenaire.

La Marche de Philibert

Poursuivant le farfouillage de nos archives, je découvre ce 45 tours. Le temps de descendre du grenier mon vieux pick-up poussiéreux et vous offrir cette perle rare. Et pour faire bonne mesure, notre président d’alors en avait acheté deux¹.

« 1974 sera l’année du jeu d’échecs, écrit Raoul Bertolo, président de la FFE et de la Tour, Prends Garde. La célébration du Cinquantenaire et le Congrès mondial de la F.ID.E., le déroulement des XXIe Jeux Olympiques, la présence de 80 nations concourront à faire de la rencontre de Nice la plus grande manifestation échiquéenne jamais vue. La Marche de Philibert, spécialement composé en l’honneur du jeu d’échecs par Jack Dieval pour la musique et Michel Rivgauche pour les paroles, consacrera universellement ce noble jeu. »

Ce fut la première olympiade officielle organisée en France, réunissant 75 nations (un nouveau record) mais les conditions d’encadrement et de confort seront très critiquées, salle étouffante, mal éclairée. Ce qui n’empêcha pas l’équipe d’URSS de dominer outrageusement l’épreuve ! Qui est-ce Philibert² ? Philidor passe encore. Nous ne comprenons guère les paroles. C’est sans doute mieux ainsi, la musique suffit ! Cette marche aux accents militaires et staliniens n’a sans doute pas dépaysé les joueurs soviétiques.

¹ Sans aucun doute Robert Poly : « J’ai trouvé, parmis des souvenirs qu’il conservait précieusement, plusieurs exemplaires de la brochure éditée par la Ligue de l’Île-de-France en hommage à la ville de Nice pour la célébration en 1974 du Cinquantenaire de la FIDE et les XXIe Jeux Olympiques, ainsi que plusieurs exemplaires du disque La marche de Philibert, hymne composé pour cette grande manifestation échiquéenne » écrivait, avec tout l’amour d’une mère, Mme Antoinette Poly en hommage à son fils trot tôt disparu en 1992 à 38 ans.
² Peut-être en référence aux État de Savoie, dont dépendait Nice autrefois, et dont quelques princes ont porté le nom de Philibert.

Allez la Tour !


Réunions « Maison pour Tous – Île Saint Pierre », pouvait-on lire sur l’en-tête du bulletin Allez la Tour de notre encore cercle, en juin 1971, présidé alors par Raoul Bertolo, fondateur en 1959 d’Europe Échecs et qui fut un temps président de la FFE. Mazette, du beau linge, dans notre Tpg d’antan ! Nous y reviendrons. Mais n’êtes-vous pas intrigués par cette « maison pour tous » poétiquement insulaire ? Il doit s’agir en fait de l’Île Saint-Paul. L’Île Saint-Pierre est la langue de terre, de l’autre côté du pont de la République, qui accueille la fontaine bisontine du Minotaure. Mais, sur l’Îlot Saint-Paul, un peu en deçà du Moulin, dans des bâtiments, asses laids dans mon souvenir et fort heureusement détruits, devaient se situer, selon notre ancien Daniel Blardone 🙂 , cette Maison pour Tous, en face du Parc Micaud,  au niveau, aujourd’hui, de la Capitainerie de Saint-Paul qui accueille les plaisanciers.

Avec l’aimable autorisation de cpa-besancon.fr

Dans ce même bulletin, l’éditorial nous apprenait : « Quels qu’aient pu être nos résultats sportifs, il va sans dire que cette saison restera marquée par le départ de deux de nos grands amis, et qui plus est, les deux meilleurs animateurs que notre cercle ait eu.

D’un côté le départ de M. PICARD, lui, était attendu par quelques-uns d’entre nous. Notre ancien Président, soucieux de la santé de son épouse s’était peu à peu retiré de la vie active du Cercle. Cette saison, sa retraite est devenue complète avec son déménagement à Chambéry. Dernièrement, nous espérions le revoir à Dijon où il nous avait promis sa présence pour la rencontre Bourgogne-Franche Comté. L’état de santé de son épouse devait malheureusement nous priver de cette occasion.

La disparition de notre ami Julien NAEGELY a par contre revêtu tous les aspects de la tragédie. D’abord par les circonstances que nous connaissons tous, ensuite par le coup d’arrêt brutal qu’il a donné à l’activité de notre Cercle. Nous pensons tout particulièrement au voyage de Pilsen, qu’il préparait avec passion et dont il pensait faire le sommet de la saison. “Recimenter les vieilles amitiés”, “Remettre de l’ambiance au Cercle” disait-il.

Voilà deux très grands vides que nous aurons bien du mal à combler.

Aucun des deux n’a laissé de souhaits en ce qui concerne l’orientation du Cercle. Est-ce bien nécessaire ? Nous ne le pensons pas. Ce que nous souhaitons par contre, c’est que leur exemple ne reste pas inutile, et que notre vieux cercle continue malgré tout à exercer son activité.

Allez la Tour !  »

Un clic pour le pdf.
Tous les bulletins d’Allez la Tour ! dans l’onglet Tépégiades / Bulletins

Cinquante ans nous séparent de ces Tpégistes des seventies et déjà tant de noms oubliés ! Qui est donc ce Julien Naegely tant regretté ? Certains sonnent pourtant encore familiers : Picard, Thuriet, Hajnóczy, Skorup, mais pour combien de temps ? Au détour de ce bulletin, cependant, une rencontre : un certain Dr Courtot qui, dans la division Honneur, je vous en prie, bat Touzé (sans doute le futur Président de Belfort-Échecs), notre ami Bernard, tout jeunot alors, qui nous contera, j’espère bientôt, moult anecdotes sur cette période. Il est important de maintenir la mémoire de ces anciens qui on fait de notre club ce qu’il est.