Le Quiz

Quel grand maître, prenant de l’exercice, faisait le poirier dans les salles de tournoi ?

Le score remonte !

Alekhine, sur la fin de sa vie, souvent ivre, aurait pu se livrer à de telles excentricités. Quant à Capablanca, le latin lover, souvent comparé à Rudolphe Valentino, toujours tiré à quatre épingles, difficile de l’imaginer se livrer à de telles activités.

Aaron Nimzowitsch – Des Échecs considérés comme une gymnastique

Né à Riga en Lettonie, alors annexée à la Russie, d’origine juive, germanophone, il apprit à jouer à 8 ans. Il fait ses études en Allemagne. En 1904, il s’inscrit à Berlin afin d’étudier la philosophie, mais interrompt ses études dans leur première année pour se consacrer à une carrière de joueur d’Échecs professionnel. Après les années tumultueuses et souvent infructueuses de la Première Guerre, il commença à jouer les premiers rôles alors qu’il s’installait au Danemark, en 1922. Il obtint la nationalité danoise et y vécut jusqu’à sa mort, en 1935. Il fut sans doute l’un des penseurs les plus originaux à contre-courant de son époque, initiateur de la révolution hypermoderne.

À la différence de Morphy, Steinitz et Rubinstein, Nimzowitsch ne souffrait pas de troubles psychiatriques, mais d’une grande instabilité nerveuse. Hypocondriaque, irritable, agressif, souvent revendicateur, se plaignant du bruit, de la fumée… Vous vous souvenez sans doute de cette anecdote : il joue contre Maroczy. Ce dernier sort une cigarette sans l’allumer. Nimzowitsch proteste et appelle l’arbitre, qui n’est autre que Vidmar, autre grand joueur d’Échecs. Vidmar lui fait remarquer que Maroczy ne fume pas. Et Nimzowitsch de rétorquer : « En tant que Grand Maître, vous savez bien que la menace est plus forte que l’exécution ! »

Râleur invétéré, jamais satisfait, il assaillait les serveurs de mille reproches : sa portion était trop petite, sa viande trop cuite. Nimzowitsch faisait le poirier (les médecins lui recommandaient de l’exercice), à la grande stupeur de ses adversaires au cours des tournois et se livrait à divers exercices de gymnastique dans la salle. Lors d’un match, après avoir perdu, il saute sur la table et crie : « Pourquoi dois-je perdre contre un tel idiot ! » Humour, excentricité ou un peu déjanté ? « Mais plus que dans ces excentricités, écrivent Jacques Dextreit et Norbert Engel, on peut juger au travers des écrits mêmes de Nimzowitsch de l’extraordinaire mélange de vanité et de naïveté qui caractérisent le personnage. Son ouvrage essentiel Mon Système est un salmigondis de conceptions échiquéennes nouvelles et remarquables, de jeux de mots et métaphores d’un infantilisme extrême et de protestations envers les critiques et le monde entier incapable de comprendre et reconnaître son génie ».

UNE RÉFLEXION SUR « LE QUIZ »

  1. Heureusement qu’Alekhine buvait son whisky sec, posséder un pic à glace à l’époque n’était pas véritablement recommandé pour les ennemis de notre camarade patrie !
    Il semble que concernant Morphy tout n’ai pas été dit. Un soir de septembre 95, le président du club de Clermont-Ferrand nous avait narré une sombre histoire faite de cadavre et d’amour résigné le concernant… Et d’un retour précipité vers les Etats Unis d’Amérique.

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