
Quel est le nombre de parties possibles : 10 80 , 10 120 , le nombre précis est encore inconnu ?
Chaque partie est unique ! « Le jeu d’Échecs est une mare dans laquelle peut boire un moucheron et se noyer un éléphant », dit le proverbe chinois. Il existe sur l’échiquier plus de combinaisons possibles que d’atomes observables dans l’univers (estimé à 10 80). Cette mare se révèle être un océan aux infinies possibilités où de nombreux mathématicien se sont noyés. Dans les faits, il est presque impossible de donner un chiffre précis.
Dans les années 50, le mathématicien Claude Shannon, dans son article Programming a computer for playing chess, fit un rapide calcul pour déterminer les combinaisons de jeux possibles et arriva au nombre faramineux (connut maintenant comme le nombre de Shannon) de 10 120. Ce nombre reste approximatif et, sans doute, loin de la vérité. Pour Shannon, à chaque point du jeu, 30 coups seraient possibles et, dans chaque partie, 80 coups légaux. Mais dans la réalité, nous savons que cela ne fonctionne pas ainsi, qu’une partie peut durer bien moins ou bien plus que 80 coups et qu’il existe dans le jeu une multitude de micro-coups, au début comme à la fin. Pour longtemps encore, notre échiquier restera un reflet de l’infini.











Je suis très attristé par le décès de Gilbert que j’ai croisé de longue date dans les rencontres d’échecs, déjà à l’époque du club de Mandeure qui a disparu depuis longtemps. Il me laissera l’image de quelqu’un d’aimable, gentil, discret, et très agréable partenaire ou adversaire d’échecs.
Très peiné d’apprendre la nouvelle…
J’ai toujours connu (sans vraiment le connaître) Gilbert. Je l’ai même déjà affronté lors de mes débuts en interclubs fin 80, début 90 quand il jouait à Mandeure.
Paix à son âme !
Quelle tristesse !
Un Monsieur si sympathique, toujours souriant.
C’est avec lui que j’ai joué ma plus courte partie jusqu’à présent : abandon au 4° coup dans le tournoi interne.
Gentillesse et discrétion.
Et, de manière plus anecdotique, le souvenir qu’il jouait plus vite que son ombre (mais sans en faire à personne). C’est pour ma part, ce que je retiendrai de Gilbert.
Très attristé de la nouvelle !
Repose en paix, Gilbert.
Très attristée par cette nouvelle. J’ai joué contre Gilbert plusieurs fois, il fallait réussir à ne pas se laisser entraîner par son rythme de jeu…
Je garderai le souvenir de la gentillesse d’un coéquipier très arrangeant, toujours partant.
Extrêmement peiné par cette terrible nouvelle… je me souviens de notre dernière ronde de régionale à Belfort comme si c’était hier.
Nous garderons tous ce souvenir de Gilbert, le seul joueur sans doute au monde, à finir sa partie avec plus de temps à sa pendule qu’en débutant. Cette rapidité lui joua d’ailleurs quelques tours et je me souviens de cette petite anecdote peu flatteuse pour moi, car manquant un peu de fair-play. Nous sommes à Pontarlier, en 1998, au cours d’une ronde groupée de Nationale IV et Gilbert est encore au Roi Blanc. Nous sommes les derniers à jouer et, du résultat de notre partie, dépendra l’issue du match. Les joueurs se sont regroupés autour de notre échiquier, plutôt agacés de me voir traîner en longueur, car ma position est une poubelle avec ses deux pions de moins et je suis dans un zeitnot terrible, à quelques secondes de la chute du drapeau. Nous sommes encore au temps des pendules mécaniques. De son côté, Gilbert, a sans doute plus d’une heure à sa pendule et, à chaque coup, nous guettons la chute éminente de ce satané petit drapeau. D’ailleurs, Gilbert, malicieux, frappe sur la pendule avec la vigueur du forgeron sur son enclume pour le faire tomber. Et notre Gilbert, entraîné par mon zeitnot, joue encore plus vite que d’ordinaire !
Gilbert mène les Noirs
Mais j’ai repéré un mat des épaulettes possible en f8 et plante mon cavalier devant le nez de son pion en f6. Croyant à la boulette dans l’affolement du zeitnot, il le croque sans autre forme de procès ! À l’instant même où ma dame claque sur l’échiquier en f8, infligeant le mat au Roi noir, le drapeau tombe. Gilbert s’écrie victorieux :
— Tombé !
Ma position était désastreuse, je tombe au temps, mais Gilbert à perdu. Le mat prime sur l’échiquier !
C’en est trop pour notre émotif Gilbert qui se dresse d’un bond, quitte la salle et disparaît dans la nuit d’hiver, terriblement en colère contre lui-même et, sans doute, un peu contre moi, de lui avoir ainsi arnaqué la partie. Mon petit brin de mauvaise conscience est vite effacé par les bourrades amicales de mes coéquipiers à qui je viens d’offrir cette victoire inattendue.
À un des ces jours, mon vieux Gilbert et j’espère que tu ne m’en veux pas trop…
C’est avec une profonde tristesse que j’apprends la disparition de Gilbert. J’entretenais avec lui une relation d’écoute depuis fort longtemps et c’est je pense en partie pour cela qu’il a décidé de rejoindre notre club il y a quelques années. Gilbert était un passionné de notre jeu à n’en point douter. Il jouait beaucoup de parties et s’engageait dans de nombreux tournois chaque année.
Il a représenté notre club dans de nombreuses compétitions par équipe également. Toujours disponible, c’était un équipier modèle, je peux en témoigner en tant que capitaine d’équipe et directeur technique.
Son jeu atypique en a surpris plus d’un et il fallait toujours se méfier du rythme avec lequel il jouait…
Gilbert était un homme discret avec une part de mystère. Avec le temps j’ai appris à apprécier sa compagnie et je garde le souvenir des matchs par équipe au cours desquels il s’est de nombreuses fois imposé.
Paix à ton âme Gilbert et pense à préparer un échiquier pour quand viendra notre tour de te rejoindre!
Jean-François Corsini