Quand fut créée l’appellation « grand maître international » : 1838, 1914 ou 1950 ?

L’expression grand-maître fut utilisée pour la première fois en 1838. Le terme réapparaît en 1907, au cours d’un tournoi à Ostende, comportant plusieurs sections dont un « tournoi de maîtres », avec trente participants, remporté par Ossip Bernstein et un « tournoi de grands-maîtres » (Großmeister en allemand), réservé selon Bernstein aux joueurs ayant remporté plusieurs tournois internationaux. L’appellation resurgit en 1914, en Russie, pour mettre en valeur les meilleurs joueurs d’échecs de l’époque. Dans ses mémoires My Fifty Years of Chess, Frank Marshall écrit en 1942 : « C’est dans ce tournoi que le Tsar, Nicolas II, conféra aux cinq finalistes (Emanuel Lasker vainqueur du tournoi, José Raúl Capablanca, Alexandre Alekhine, Siegbert Tarrasch et Frank Marshalll) le titre Grand maître des échecs. » De son côté, la fédération soviétique créée le titre de grand-maître soviétique dans les années Trente.

La FIDE officialise en 1950 en créant le titre de grand maître international du jeu d’échecs, l’octroyant à 27 joueur. À part le titre de champion du monde, « grand maître » est la plus haute distinction qu’un joueur puisse obtenir. Je n’ai pas trouvé leurs nombres aujourd’hui, sans doute tout juste 2000 dans le monde. En mars 2010, ils étaient 1235. Au 1er avril 2020, la France comptabilisait 50 GMI, et notre club peut enorgueillir d’en compter un parmi ses membres : Alexeï CHARNUSHEVICH ! Sans doute bien des clubs peuvent se targuer d’aligner des GMI mercenaires, changeant au gré des saisons, dans leur équipe. Mais nous, nous pouvons dire : nous avons un tépégiste GMI !


Que se soit sur le ring, un terrain de foot ou autour d’un échiquier, un match détermine le meilleur à un instant T. Mais comment intégrer ces résultats isolés dans un classement global ? Les fédérations sportives utilisent une multitude de systèmes différents. L’univers rationné des échecs adopta, dans les années 1970, le classement elo. Elo n’est pas un acronyme, mais la méthode de l’Américain d’origine hongroise Arpad Elo (1903-1992). Bien que le jeu n’était pour lui qu’un loisir, Arpad Elo a remporté huit fois le championnat de l’État du Wisconsin, et annula à deux reprises face à Reuben Fine, à l’époque l’un des meilleurs joueurs du monde. Cependant, il est principalement connu dans le monde des échecs pour son classement Elo, qui hiérarchise de manière scientifique les performances des joueurs d’échecs. Initialement développé par Kenneth Harkness dans les années 1950, Arpad Elo améliore la méthode en 1960, validée par la fédération américaine la même année. Elle est adoptée par la FIDE en 1970. Arpad Elo décrit son travail dans son livre The Rating of Chessplayers, Past and Present, publié en 1978.




À ce sujet, connaissez-vous ce personnage, un des plus curieux de l’histoire de notre jeu, Joseph Henry Blackburne (1841-1924). Homme de caractère fort et changeant, passant de l’irritation à la dépression très facilement, acteur d’une série d’anecdotes qui lui valut le surnom de La Peste Noire ! Pour en avoir une idée, il suffit de dire que, après avoir perdu un match contre Steinitz, il se jeta par la fenêtre par désespoir d’avoir perdu. La bonne nouvelle était que l’on était au rez-de-chaussée, l’événement n’eut donc pas de conséquences funestes. Une autre anecdote afin d’évaluer l’autre extrémité de sa personnalité fantasque : au cours d’une simultanée donnée à l’Université de Cambridge, les étudiants pensèrent qu’il serait plus facile à battre en laissant une bouteille de whisky et un verre à chaque extrémité de la table. À la fin de la session, Blackburne avait bu les deux bouteilles et remporté tous les matchs en un temps record. Une autre anecdote, probablement apocryphe, raconte que dans une simultanée, concentré et nerveux, il boit le verre de whisky de l’un des participants. Après le match, il déclare que son adversaire lui ayant mangé un pion « en passant » et que, incidemment, il avait, lui, bu son whisky « en passant ». Toujours, il a soutenu la théorie selon laquelle boire du whisky améliorait la qualité de jeu parce que « l’alcool éclaircit l’esprit. » Fidèle à ses idées, toute sa vie, il a tenté de prouver cette théorie toutes les fois qu’il le pouvait par des cuites sévères, qui furent nombreuses durant ses 83 années de vie.
4. 0-0 Nge7 ?? 5. c3 ?? Il faut continuer par 5.Nxe5 et l’avantage est décisif pour les blancs.