Archives par mot-clé : Archive

Échecs au café Granvelle en 1959

grandvelle2a
Échecs au café Granvelle. Photographies de Bernard Faille, L’Est Républicain 1959

Clichés retrouvés sur Mémoire vive sans autre commentaire. Les parties semblent sérieuses, les feuilles de parties sont bien là, entre les tasses de café et les cendriers. La joueuse, le stylo à la main, est prête à noter. Presque soixante ans et nous retrouvons les mêmes attitudes, les mêmes gestes… seuls les cigares et les cendriers ont disparu.

 
Un clic pour agrandir

L’élégant monsieur à la droite de la dame pourrait bien être Maurice Thuriet qui fut président de la Tpg dans les années soixante. La dame en question semble aux abois. Ne s’apprête-t-elle pas à jouer Ke2 ?  c1=Q#, mais sur Kd2 plus résistant, Bb3 enfoncera le dernier clou du cercueil.

15.08.09

Bibliothèque

S
Robert Poly au centre à la Brasserie Brelin en 1976. Cliché de Bernard Faille pour l’Est Républicain

Notre bibliothèque s’enrichit d’une quinzaine de livres offerts par la sœur d’un de nos anciens présidents, Robert Poly, malheureusement trop précocement disparu. “Robert Poly jouait à un niveau de 1900 élo, mais il s’était surtout construit une réputation de dirigeant à la fois rigoureux et parfois un peu folklorique notamment dans ses luttes contre… Jean Paul Touzé” se souvient Bernard Pellaton. L’un deux, Échecs et Mat de Kurt Richter, fut traduit de l’allemand par Robert.

Un clic sur Nouveautés dans le sélecteur pour les découvrir.

Notre nouveau site a 1 an !

Notre nouveau site fête son premier anniversaire ! Profitons de l’occasion pour saluer le superbe travail de Pascal Pichelin qui créa le précédent de toute pièce et mesurer l’évolution de l’informatique en quelques années. Il est possible aujourd’hui, en quelques clics, au plus néophyte d’entre nous de mettre en place une page web qui dût coûter à Pascal des heures de travail. Mais vous rappelez-vous des temps héroïques ou devrais-je dire préhistoriques ?

Vous rappelez-vous du petit cochon ailé de Christophe Robbe et Étienne Flesch, nos pionniers du début du siècle et grands designers web devant l’éternel ? Pas très échiquéen, mais mignon, non ?

Cette page de résultat était accompagnée de la musique des Dents de la Mer que je n’ai malheureusement pas réussit à faire fonctionner. Un clic sur l’image pour ouvrir la page et ensuite sur les liens pour un aperçu quelque peu flashy du prehistoric web.

Dans l’attente de commentaires d’Étienne et Christophe, voici pour terminer quelques photos de ces âges fossiles du passé de la TPG.

El triunfo de Cecilia

“La pequeña maestra Cecilia Diaz Corvalan, de solo 13 anos, supo explotar muy bien los errores de su contrincante, Magaly Galaz, en el partido que protagonizaron en la  sexta fecha…” pouvait-on lire dans ce journal chilien de 1973, titrant Pas question de demi-points : “La petite maestra Cécilia Diaz, de seulement treize ans, sut parfaitement exploiter les erreurs de son adversaire, Magaly Galaz, dans le match qui les opposa lors de la sixième ronde… Il n’y eut que peu de nuls au Tournoi National Féminin d’Échecs qui se déroula au siège du Club Sportif Universitaire du Chili. Au cours de la sixième manche, il n’y eut que des vainqueurs…”. Nous reconnaissons bien-là le caractère pugnace, oserais-je dire teigneux de notre Cécilia ! 

Voici donc le Triomphe de Cécilia, en espérant n’avoir point fait d’erreur, car pour la petite histoire, les pays hispaniques n’avaient pas encore adopté la notation internationale et notaient les parties sur le modèle anglais 1.P4R, P4R 2. C3AR, C3A2D  : 1.e4 e5 2.Nf3 Ncf6. Décodage : C3AR signifie le N va sur la troisième case du B roi. Pas simple !

Un clic sur l’image pour agrandir l’article.

[advanced_iframe securitykey=”b05b022e2bd4e4f503e25433e4a88848b7a849cd” src=”/pgn4web/board.html?/board.html?am=n&d=3000&ss=26&ps=d&pf=a&lcs=W_iH&dcs=MHW2&bbcs=MHW2&hm=n&hcs=RKim&bd=c&cbcs=UtKy&ctcs=x7x7&hd=j&md=f&tm=13&fhcs=g3g3&fhs=14&fmcs=7x7x&fccs=v71$&hmcs=QsWh&fms=14&fcs=m&cd=i&bcs=t&fp=13&hl=t&fh=b&fw=p&pe=347$AB0G3vkXX5N21BHzutHh0564b4coaZt2l8$HYWaRqwVaYUeRgt4co7aaQ$V06LqRqMuuexWRmAfY4Xhvq7cTjQzJzuGXGf8fXnjQzxQXJvkYDDjQzGRgtKKAVID3MLjQxLL78x1pw$75ho$QdfL30jM$Nm7L10zYgKjp0$g3fYNd$vo8z2k8x1vfJeaDSx6$gIxLoaz2vfbQI308pvNv75Ex$IXvMvfWI3cpvN$fcWj2kYF2b02IupyS7cv3jM2JNDcD1LoW303U0J$v88zsXk0xvgPwDpGi35r05VPM4cfnr1ebv9wj96y$0″ width=”100%” height=”273″ frameborder=”0″ marginwidth=”0″ marginheight=”0″ scrolling=”no”]

Cette année 1973 vit aussi malheureusement, sur un tout autre échiquier,  le triomphe du général Pinochet qui prend la tête du coup d’État du 11 septembre 1973 contre le gouvernement du président socialiste Salvador Allende, élu démocratiquement en 1970.

Sur les traces de Bobby Fischer

Nous avons évoqué récemment et particulièrement avec les belles pages de Philippe Guyot, la personnalité curieuse et attachante de Christophe Bordet. Ce dernier vient de publier aux Éditions de la Boucle, un roman autobiographique où se mêlent souvenirs de son adolescence, sa passion pour les Échecs et l’affaire Lip. Il y évoque également une autre personnalité mythique de notre club : Skorup, plongeur à la Brasserie Granvelle.

“Pierre se rue vers l’usine, aperçoit sur sa gauche les manifestants qui affluent de l’entrée principale, pénètre dans le bâtiment de direction, se guide aux voix venues d’en haut, grimpe quatre à quatre les escaliers jusqu’au troisième étage. C’est l’effervescence. Des éclats de verre jonchent le sol, les portes ont été enfoncées et le lustre directorial a volé en miettes”. 

A la faveur d’événements aussi inattendus qu’imprévisibles, Pierre se trouve confronté au monde des adultes. A seize ans, fils d’une ouvrière de Lip, il s’apprête à disputer une partie d’échecs contre Skorup, l’adversaire invaincu de son père décédé, quand éclate la colère du monde horloger… Ancien champion de France d’échecs, aujourd’hui journaliste, Christophe Bordet nous fait revivre  les temps forts de l’affaire Lip, tout en nous  entraînant dans l’univers passionnant du jeu et de la  compétition.

Christophe  Bordet est né en 1959 à Besançon. Ancien Tépégiste, journaliste, enseignant, musicien, ce passionné de jeux a été champion de France d’Échecs et également professeur de bridge.

Télécharger des extraits.

Philippe Guyot raconte

Bonjour à tous,

À la demande de notre ô combien méritant webmaster, il m’a été demandé d’évoquer des souvenirs en lien avec cette photo d’un tournoi de la TPG datant de 1983/84.

Comme vous vous en doutez, cela ne m’a pas rajeuni, mais c’est bien volontiers que je partage un petit voyage en amnésie, même si cela me rappelle furieusement cet antique papy que j’ai fait venir dans ma classe évoquer la dernière guerre.

Bref, en scrutant l’année de cette photo et mon Chessbase, j’ai pu recoller quelques bouts d’hier et retrouver une partie qui m’a laissé un souvenir très précis.

Pour bien se remettre dans le contexte, j’étais entré à la TPG en tant que quasi débutant 3 ans auparavant, avec une progression qui n’avait rien eu de fulgurante (mes premiers elos annuels ayant été respectivement 1580 et 1700) et peu de signes semblaient me prédestiner à atteindre le niveau des meilleurs du club (« Guyot ? Il n’a aucun talent ; il ne percera jamais ! » aurait lancé un pilier du club qui se reconnaîtra peut-être), si ce n’est beaucoup d’assiduité et une mémoire qui m’avait valu le surnom perfidement péjoratif « d’encyclopédie vivante ».

Or donc, en ces temps-là, j’étais une proie de choix pour les requins aux dents mieux « élotées » que les miennes baignant dans les eaux troubles de la TPG, et avec une fâcheuse tendance à gaffer ou à m’écrouler dès la finale venue. Pourtant, en cette mi-saison, même s’il serait bien présomptueux de ma part de dire que déjà Napoléon perçait sous Bonaparte, j’avais senti une évolution dans ma façon de calculer et que mon jeu commençait à se mettre en place. De cette partie, je garde le souvenir attendri des premiers émois, face à Christophe Bordet, qui lui, était un vrai talent tactique reconnu, Mais, malgré son jeune âge, déjà plutôt sur le déclin, la faute (ou grâce) à son côté dilettante touche-à-tout et son goût pour la vie nocturne (ou la vie tout court, c’est selon). Bref, c’était une personnalité et un joueur pour lesquels j’avais un grand respect, et à l’occasion du match qui devait nous opposer, nous avions convenu de le faire le soir, dans un petit local utilisé par le non moins petit club d’échecs de la Bouloie (plus exactement 2 ou 3 joueurs qui venaient pousser du bois de temps à autre, dont moi aux guêtres qui traînaient dans le secteur, officiellement en fac de droit).

Dans le silence nocturne de cette petite pièce où les volutes de fumée de ses cigarettes avaient une odeur « exotique » et stimulante, Christophe avait thématiquement sacrifié un pion dans une Sicilienne pour des compensations à long terme, quoique sans doute légères. Le moment important de cette partie survient quand, lorsqu’il attaque ma Rf5 par le nerveux 30. g4, je réplique par l’inattendu 30. ..e5 ! proposant au choix un sacrifice de dame inacceptable ou un sacrifice de qualité qui fait changer de main l’initiative. Il s’est écroulé peu après par 35. Qe3? (ponctué d’un sonore « Et m..!»), mais ce qui avait rendu cette partie spéciale pour moi, c’est d’une part que pour la toute première fois, j’avais fait tomber un des « titans », de la TPG, mais aussi parce que j’étais conscient que ce 30. ..e5 ! sortait clairement des standards du 1700 que j’étais à ce moment. L’attitude très classe de Christophe après cette partie, soulignant mon bon jeu, était presque pour moi comme un adoubement, comme si je venais de gagner du respect au plan échiquéen.

Je profite de l'occasion pour souligner combien, dans cette période, la densité de joueurs de (très) bon niveau qui gravitaient autour de la TPG était pour cette époque antéfritz assez exceptionnelle. Outre Maxcellend Coulon et Christophe Bordet, qui arrivaient malheureusement en fin de cycle, les Vesin, Vuitton, et à un degré moindre, Pellaton, Bonneville, Zaragoza, Cordier, Kummer, sans compter un certain Serge Naudier plus que prometteur, étaient les têtes d'affiche des tournois internes. Cette génération est d'ailleurs passée tout près de la consécration en disputant les barrages en fin de saison pour accéder à la 1re division, mais eu la malchance de tomber sur un club de Cannes en pleine progression avec Miralles et Levacic aux premiers échiquiers. Du fait de quelques défections, j'avais même été convié par défaut à faire partie de l'équipe au dernier ou avant-dernier échiquier, et même si j'avais dispersé façon puzzle mon adversaire (partie qui avait bizarrement tellement marqué le sieur Bernard de la Pellatonsure que la simple évocation du nom de mon adversaire, répondant au doux nom de Benlolo, provoque en lui éclats de rire inextinguibles et sourire béat), le rêve du club de se frotter aux cadors de l'époque (ce Strasbourg, Caïssa) ne se concrétise pas.

Las, mon elo de 1760 à la saison suivante ne me laisse guère espérer faire mon trou en équipe 1, et je donne un coup de main au club de Châtillon-le-Duc pour les remercier de m'avoir permis de participer à des cours ou simultanées dispensés par Maxcellend (je me souviens l'avoir entendu parler de « dynamisme » des pièces en me demandant bien ce qu'il entendait par ce terme). Mais cette année-là, je progresse de façon exponentielle, avec en point culminant une 2e place à l'accession du Championnat de France à Alès, dézinguant tout les 2000 que j'ai affrontés, qui me qualifient pour le National l'année suivante. Quand je reviens à la TPG, auréolé de cette qualification et d'un elo tout neuf de 2090, je m'attends à être accueilli parmi mes pairs au sommet de l'Olympe que représentait pour moi l'équipe 1.

Las (bis), je trouve ledit Olympe* bien vide, tous les titans précités ayant déserté. La déception de la non-montée, plus quelques probables dissensions, avaient sans doute précipité la fin d'un cycle, et je me retrouve bombardé d'un coup capitaine et premier échiquier d'une équipe de 1800 à emmener à Clermont-Ferrand. Même si je ne peux cacher avoir ressenti une certaine frustration devant cet état de fait, ce périple fut une homérique odyssée, avec certains noms que les anciens trouveront évocateurs comme le discret Frédéric Note, Roland Scamps aux incontestables mérites échiquéens (je vais être honnête ; le fait qu'il disposait d'un taxi king size pour emmener toute l'équipe a contribué à son incontestabilité), l'enthousiaste Philippe Blardone, Gabriel Camacho, météore resté trop peu longtemps dans le ciel tépégiste, Florence Kratz qui eut à se coltiner les entreprenants Charles Imbert et Jean-Michel Péchiné à l'arrière du taxi. Le début d'un nouveau cycle, mais cela, c'est une autre histoire. J'avoue que cela me fait drôle de me dire que 30 années ont passé depuis, que des souvenirs puissent à la fois être restés si vivaces, tout en étant tellement lointains qu'on les croirait rêvés ou vécus par un autre. C'est la vie !

* Philippe évoque l'Olympe céleste et non notre local d'aujourd'hui.

Philippe Guyot

Christophe Bordet récompensé en janvier 1979  à la une de l'Est Républicain. Voir l'article.

Repérez le jeune homme souriant en blouson  clair, c'est notre Chessshadow en personne, alias Jean-Robert Vesin
 
  
Cliché de Bernard Faille l'Est Républicain 1979, un clic pour agrandir

1988 – Quand la TPG savait se montrer !

Annonce parue dans le 25, sans doute en octobre 1988, quand la TPG n’avait pas peur de se montrer. Au-delà de la nostalgie, ces souvenirs au charme déjà vieillot du passé de notre club ne doivent pas nous faire soupirer, écrasant une larmichette au coin de l’œil : “Ah, c’était le bon temps !”, mais au contraire nous inciter à plus de communication.

Les temps ont changé, certes ! Avec les nouveaux médias, les pousseurs de bois des Cafés du Commerce sont devenus, perdant toute la dimension sociale de notre jeu, de tristes cliqueurs frénétiques de blitz en lignes (voire de bullets d’une minute). Où est le temps où Paul Morphy, je crois, quittait la salle de jeu en pleurant, en pleine crise de nerfs, parce que son adversaire tardait des heures à jouer ?

Que peut offrir, aujourd’hui, un club, qu’un bon site d’Échecs en ligne n’offre déjà à nos internautes scotchés à leurs écrans ? Ils peuvent y jouer de bonnes parties, posséder un classement, participer à des minitournois et tout cela gratuitement le plus souvent et les orteils à l’aise dans leurs charentaises !

Simultanée dans la cour du Palais Grandvelle en 1988.

Que pouvons-nous apportez ? Peu de choses en somme, sinon un petit brin d’humain sous forme d’accueil et de convivialité.

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

Coup d’Aspirateur

En réponse au petit article 1983 – Open TPG, Jean Robert nous écrit :

“Bonjour à tous,
J’ai retrouvé cet exemplaire du Bulletin de l’Équipe de Ligue qui donne des informations sur cette période (fin 1983 / début 1984) et où en page 11, vous trouverez la partie que j’avais gagnée et commentée contre notre ami Bernard lors du championnat de Besançon (que j’avais remporté également). Pour l’anecdote, Bernard, à l’époque, avait eu du mal à digérer cette partie, m’avouant qu’on ne l’avait jamais traité ainsi… Il est vrai qu’avec les Noirs, j’avais extirpé le Roi Blanc de son roque pour l’emmener se faire mater en h7… Amicalement.”

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

1970 – Les Championnats Interligues

Maxcellend Coulon au premier plan à gauche, à côté de Mamy, le carrossier bisontin. Cliché de Bernard Faille pour l’Est Républicain, 1976.

Maxcellend se remémore quelques souvenirs : “Précédemment, Bernard Pellaton évoqua le Championnat de France interligue. Cette compétition se déroulait dans les années 70 et 80. Constituée de 4 groupes géographiques, les vainqueurs de chaque section se retrouvaient pour disputer le titre. À deux reprises, en 1975 et 1976, la Franche-Comté se retrouva en phase finale. Les matchs se déroulaient sur 14 échiquiers. Affrontement intéressant, car il permettait de regrouper des joueurs de différents clubs comtois pour défendre les couleurs de la ligue.

Voici deux parties jouées dans le cadre de cette compétition, la première du 12 décembre 1971, à Beaulieu, lors de la rencontre Alsace – Franche-Comté, gagnée par l’Alsace 8 à 6. Quatre mois auparavant, en août 1971, Letzelter avait remporté son 2e titre de champion de France, à Mérignac  :


La deuxième de 14 décembre 1975, lors de la rencontre Centre – Franche-Comté contre Barrat joueur de Clermont-Ferrand” . Les commentaires sont de Stockfish 5 :

Maxcellend Coulon

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

1983 – Open TPG

Ce sont les gagnants de l’open de la Tour Prends Garde – L’Est Républicain, 1983

L’archiviste de la Tour, Prends Garde a omis de noter la date de cette coupure de presse, sans doute 1983. Vous pouvez y reconnaître Maurice Thuriet, conseiller à la cour d’Appel, historien à ses heures et auteur de l’article Une société bisontine centenaire et président de notre cercle de 1960 à ? Peut-être Philippe Guyot, tout jeunot au premier plan, pourra-t-il nous apporter quelques précisions. Vous aurez reconnu, en arrière-plan, le visage juvénile et rondouillard de notre ami ChessShadow, alias Jean-Robert Vesin.

En réponse à cet article, Jean Robert nous écrit :

“Bonjour à tous,

J’ai retrouvé cet exemplaire du Bulletin de l’Équipe de Ligue qui donne des informations sur cette période (fin 1983/début 1984) et où en page 11, vous trouverez la partie que j’avais gagnée et commentée contre notre ami Bernard lors du championnat de Besançon (que j’avais remporté également). Pour l’anecdote, Bernard, à l’époque, avait eu du mal à digérer cette partie, m’avouant qu’on ne l’avait jamais traité ainsi… Il est vrai qu’avec les Noirs, j’avais extirpé le Roi Blanc de son roque pour l’emmener se faire mater en h7… Amicalement.”

Pour la partie sur un plus large échiquier : Echiquier.gif

Jean-Robert Vesin

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

1979 – Des Ordinateurs en Progrès

Samedi dernier, les joueurs de la Tour Prends Garde, cercle d’Échecs de Besançon, ont eu l’occasion de se mesurer aux derniers ordinateurs actuellement commercialisés et prêtés par le magasin de jouets “La Joueterie” du square Saint-Amour.

L’ Est Républicain, le 29 décembre 1979. Un clic pour agrandir.

 Le président du club, Robert Poly, le secrétaire Gilles Kummer, le trésorier Jean-Robert Vesin et l’arbitre du championnat de Besançon, J.-C.  Basaille, ont soumis les appareils à rude épreuve en leur proposant des situations très compliquées, des positions à sacrifice et un certain nombre de coups raffinés qu’ils réservent habituellement à leurs adversaires les plus coriaces. Mais les ordinateurs ont su éviter la plupart des pièges et se sont montrés supérieurs à ceux que le club avait testés il y a huit mois. Les progrès sont très nets. Les meilleurs appareils savent maintenant résister aux propositions de gain de matériel pour analyser plus profondément les positions. S’ils ne battent pas les plus forts joueurs bisontins (il faut dire que ce n’est pas facile, vu le niveau particulièrement élevé des joueurs du club T.P.G.), ils peuvent représenter des partenaires très intéressants pour les joueurs qui font leurs premières armes en compétition. Et avoir un adversaire toujours disponible, c’est tout de même intéressant !

De l’avis unanime des joueurs opposés aux  ordinateurs, le plus intéressant s’est révélé être le Chess Challenger 7 qui a d’ailleurs été officiellement homologué par la Fédération française des échecs. D’un prix inférieur de moitié à ses ancêtres, il a, par ailleurs, acquis une rapidité de réflexion qui le rend beaucoup plus agréable comme partenaire.

Sur le même sujet :

Une nouvelle série de photographies intitulée Échecs le soir à la Maison pour Tous de la Grette, puisée dans Mémoire Vive, le fond numérisé de Besançon. Je crois y reconnaître le Chess Challenger 7, mon tout premier échiquier électronique, achetez dans les années 75. Lire la suite

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

Top 16 – 1993

Non point le championnat de France, comme le titre l’Est Républicain, mais « une ronde groupée du Top 16 en 1993, la compétition la plus prestigieuse que nous ayons organisé », précise fièrement notre président.

Alain Sermier au second échiquer contre un prestigieux adversaire : Boris Vassilievitch Spassky. Un clic sur l’article pour l’agrandir.

« Nous avions comme prévu, évoque Alain, perdu sèchement ce match contre Belfort 7 ½ à 1 ½, car à cette époque il y avait 9 échiquiers. Je me rappelle surtout l’analyse post mortem au cours de laquelle avec sa cordialité habituelle Spasski avait pendant 15 minutes débitées à cent à l’heure des dizaines de variantes à mon avantage. En fait en jouant au 21e coup Bxe3, j’étais a priori mieux, mais c’était terriblement dur à trouver ».

La partie analysée par Stocfish 5. Pour la partie sur un plus large échiquier : 

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

Une société bisontine centenaire

Le Cercle d’Échecs de Besançon
par Maurice Thuriet, ancien Président de la TPG.

Il est vraisemblable que, dès avant 1870, existait à Besançon une société d’échecs, dont le président, n’était autre que l’artiste peintre Charles-Jules-Nestor Bavoux, l’un des fondateurs de l’école des Beaux-Arts de Besançon avec Becquet et Giacomoto qui se réunissaient au Berg-Op-Zum, un café disparu du Faubourg Rivotte.

Besançon par Charles-Jules-Nestor Bavoux, 1864

Des recherches faites tant à la Préfecture qu’a la bibliothèque n’ont pas permis d’en retrouver la trace. Il est vrai que la loi de 1901 sur les associations n’existait pas encore et qu’aucune déclaration n’était à faire pour avoir une existence légale.

Quoiqu’il en soit, le nom de Bavoux apparaît pour la première fois officiellement dans la grande revue spécialisée de l’époque La Statégie à l’occasion de la formation au mois de juillet 1874 d’une « association française de joueurs d’échecs », dont le siège devait être naturellement à Paris. Ce n’est que 10 ans plus tard que Bavoux fait à nouveau parler de lui en organisant un tournoi national par correspondance, annoncé comme suit :

« Les amateurs d’échecs sont et seront reconnaissants à M. le Président de la République de la généreuse protection qu’il veut bien accorder aux échecs. Trois tournois nationaux ont déjà lieu à Paris sous son bienveillant patronage, mais comme les amateurs de province n’ont pu prendre part à ces luttes à cause du long séjour qu’ils auraient dû faire, M. Jules Grevy, sur la prière de M. Bavoux, Président honoraire de la Société des Échecs de Besançon, a bien voulu offrir un vase vénitien provenant de la manufacture de Sèvres, pour premier prix d’un tournoi d’échecs par correspondance entre les amateurs des départements français et algériens ». Le tournoi débuta le 1er avril 1885 avec 14 concurrents. Il dura 2 ans et 9 mois. Bavoux devait gagner toutes les parties jouées, mais son décès survint avant que la coupe ne puisse lui être remise.

Cette société des échecs était au dire des vieux Bisontins qui l’ont connue, notamment le bouquiniste Carriage, un cercle assez fermé dont il était de bon ton de faire partie et dont le nombre de membres ne devait pas dépasser 100 ! On attendait pour y entrer ! On est hélas bien loin de ce nombre dans les cercles de province. Le Cercle tenait ses assises au café Selier (Palais de la Bière), dans une salle particulière, mais après la Grande Guerre, il dut émigrer au Helder, un café de Grandvelle qui se trouvait à l’angle de la rue Mégevand et de la Préfecture, sans doute l’ancien « corps de garde » décrit par Gaston Coindre et qui fut rasé en 1925. C’est alors que les membres se dispersèrent plus ou moins, quelques-uns se retrouvant à la brasserie Granvelle.

C’est la qu’à son arrivée à Besançon en 1927, M. Picard, qui avait été initié aux échecs à l’âge de 13 ans par une jeune fille anglaise, alors qu’il faisait un séjour pour apprendre la langue de Shakespeare retrouva MM. Zani, Poincenot, le Commandant Guilleminot et quelques autres. Après avoir reconstitué légalement le Cercle d’échecs de Besançon, M. Picard fonda celui de Dijon, puis de Montbéliard, Pontarlier, Baume-les-Dames et d’autres encore ; il aida le Cercle des usines Peugeot à ses débuts et donna des cours dans les établissements scolaires ou des cercles très importants naquirent — le lycée d’Horlogerie dépasse même une année les 100 joueurs — il édita sous le titre « La Tour Prends Garde » un bulletin de liaison pour lequel il eut des abonnés jusqu’en Australie. C’est du fait de ce bulletin que le Cercle d’échecs de Besançon est couramment dénommé la « Tour Prends Garde ».

Avec le développement de la ville après la guerre, le Cercle, qui avait atteint un effectif de 61, éprouva le besoin de créer des sections au café de la Perle à St-Ferjeux. Cette dernière devait prendre assez vite son indépendance et devenir successivement « L’Échiquier Populaire Bisontin », puis « L’Échiquier Bisontin » et enfin « Le Roi Blanc Bisontin ».

M. Picard, Président du Cercle, organisa du 2 au 11 septembre 1949, le 24e Championnat de France à la Brasserie Grandvelle, sous la présidence d’honneur d’André Morice, Secrétaire d’État à l’Enseignement technique à la jeunesse et aux sports. Le Comité de patronage comprenait : le Marquis de Moustier, Président du conseil Général, MM. Ottaviani, Préfet du Doubs, Doucet, Recteur de l’Université, Bugnet, Maire de Besançon, Falque, Président du Syndicat d’Initiative, Pierre Biscaye, Président de la Fédération Française, Bermant, Vice-Président de la Fédération Internationale.

Besançon 1949 – 25ème championnat de France
Premier rang, de g. à dr. : Catozzi, Gibaud, Mme Chaudé de Silans, Daniel, Pinsons
Second rang, de g. à dr. : Hugot (le vainqueur du championnat qui coiffa au poteau Boutteville) Nora, Fredouille, Kelling et Bouteville.

Le jeune espoir des échecs français Claude Hugot, 20 ans, membre du club parisien Caissa, remporta le titre. Fatigué par le tournoi d’été du club Caissa où il avait terminé deuxième à un demi-point de Tartakover, il avait pourtant commencé le championnat de manière catastrophique par deux défaites. Il aligna ensuite les victoires pour coiffer Boutteville sur le fil en gagnant brillamment. Partie qui lui valut en plus du titre, le premier prix de beauté.

En 1960, après 32 ans d’exercice, M. Picard passait la présidence à M. Thuriet, conseiller à la cour d’Appel. Dès 1961, celui-ci décidait d’organiser un championnat individuel de Besançon. Ce premier championnat eut lieu sur novembre et décembre et réunit 72 participants avec les scolaires des lycées Victor Hugo et d’horlogerie, malgré l’abstention du Roi Blanc Bisontin. Doté de deux coupes offertes par les Monts-Juras et La Hutte, et de plus de 1000 F de prix, il fut gagné par Wagschal, 2e Vautrain, puis Berthelot et Cuche.

Maurice Thuriet, le président de la TPG des années soixante. “Je me souviens de sa pudeur, évoque Philippe Guyot, quand à 91 ans, il m’a transmis les bulletins de la Ligue de Franche-Comté / Tour, Prends Garde! comme des saintes reliques”.

Le championnat de 1963 comporta un tournoi exclusivement féminin qui ne réunit que 3 participantes : Mlles Malkassian, Thuriet et Vigneron, bien que les joueuses connues soient alors fort nombreuses.

D’après Maurice Thuriet, 1970

Les posts sur l’histoire de la TPG sont accessibles par l’onglet Club/Autrefois du menu supérieur ou cliquant sur l’étiquette Archive ci-dessous.

Échecs à Châtillon-le-Duc

Maxcellend Coulon raconte : « Une séance de parties simultanées à Châtillon-le-Duc, le dimanche 15 novembre 1981, dans la salle de l’AC 2000, affrontant 23 adversaires, dont un à l’aveugle, avec un score de 100 % de victoires. Maurice Roy avait créé ce club d’Échecs à Châtillon, un an auparavant.

Une simultanée de Maxcellend Coulon  à Châtillon-le-Duc, 1980, photographies de Bernard Faille, Est Républicain

À sa demande, j’étais allé lui donner un coup de main pour développer le club. Pendant 2 ans, j’ai fait, bénévolement, de l’animation : cours théoriques, analyse de parties… Philippe Guyot venait parfois y assister. J’ai adhéré à la TPG, au début des années 80 ; auparavant j’étais à l’échiquier lédonien, jusqu’en 1970, puis au roi blanc bisontin, avec la déclinaison des Indépendants. Je connaissais beaucoup de joueurs de la TPG, puisque je participais à certaines de leurs compétitions. En 1962, j’avais été invité à disputer le championnat de Besançon, dans le groupe principal ».

Dites le mec à lunette et petite moustache debout à droite, ça ne serait pas… ?

 
Un clic pour agrandir