Luis Ramírez de Lucena

Dans son ouvrage Repetición de amores e arte de axedres con CL iuegos de partido, (Discussion sur l’Amour et l’Art des Échecs avec 150 Problèmes), publié en 1496, Luis Ramírez de Lucena décrit les différences entre les échecs anciens, joués principalement par les Arabes et les nouvelles règles alors qu’elles évoluaient vers les échecs modernes et européens. En ces temps, ces règles pouvaient être très différentes d’une contrée à l’autre. Un pion qui avait traversé courageusement l’échiquier pouvait espérer une récompense, mais qui pouvait être différente. Dans de nombreux pays, par exemple, un pion-tour ne pouvait être promu qu’en tour et seulement si elle avait déjà été capturée. De même pour le pion de la reine. Il était considéré comme irrespectueux d’avoir deux reines sur l’échiquier. La bigamie n’était point tolérée. Ce n’est qu’à la fin des années 1700 que la plupart des pays européens ont accepté la règle permettant plusieurs reines.

Quelques pages de Repetición de amores y arte de ajedrez de Lucena, Le manuscrit complet sur le site de la Real Academia de la Historia

De même que dans Scachs d’Amor, Lucena décrit ces nouvelles règles, la reine pouvait avancer non seulement en diagonale, mais aussi en ligne droite, et d’autant de cases qu’elle le souhaitait, aussi longtemps que son chemin était dégagé. Il souligne l’importance de cette nouveauté en évoquant le jeu de la Dame en opposition avec les vieux échecs. « Ce qui avait si souvent été nommé le jeu des Rois, pouvait désormais tout aussi bien être identifié comme le jeu de la Reine.¹  » Cette nouvelle règle, que les Italiens qualifièrent d’alla rabiosa et que les Français dénommèrent le jeu de la dame enragée, ne s’est pas imposée en France avant 1540.

¹ Marilyn Yalom, Birth of the Chess Queen (Harper Collins 2004).

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