La jeunesse montre l’homme…

… comme le matin montre le jour


Si dans ces pages, nous vantons régulièrement les mérites de nos vieux routiers, nous oublions trop souvent la nouvelle génération qui pourtant ne démérite point. Pour réparer cette injustice, un coup de projecteur sur notre benjamin Goma-Rayan Roger à la septième place du tournoi de printemps à 4 ½ avec la meilleure perf FIDE à +26,27 (déjà +33,04 au tournoi d’automne) et à la progression spectaculaire de 528 points en un an ! Il s’est prêté avec le sérieux que nous lui connaissons à un petit jeu de questions-réponses :

Rayan à droite et ses deux compères Chadi Kassab et Evan Dromard

Rayan, comment as-tu découvert les échecs ?
Je joue aux échecs depuis que j’ai 9 ans (classe de CE2). J’ai découvert les échecs d’une des façons les plus étonnantes et improbables : étant assez curieux quand j’étais petit, j’avais essayé plein de jeux et d’activités pédagogiques sur mon ordinateur. J’ai alors trouvé un programme d’échecs installé, avec les règles du jeu. J’essayais de déplacer mes pièces, de faire des échecs… Mais je perdais à chaque fois ! J’ai fini par gagner après quelques années de pratique au club. Par le plus grand des hasards, mon père s’était fait une connaissance qui jouait aux échecs, le tépégiste Marc Malaisé. Marc pensait que les échecs pouvaient m’intéresser, sans savoir que j’essayais d’y jouer sur mon ordinateur. C’est comme ça que Marc est venu chez moi. Il m’apprit d’abord le déplacement des pièces que j’avais du mal à retenir avec mon ordinateur et me conseilla alors de m’inscrire au club, ce que je fis l’année suivante.

Pourquoi joues-tu aux échecs ?
Je joue aux échecs, car j’adore réfléchir sur une position pour trouver la stratégie gagnante, ainsi que toutes les émotions qui me traversent quand je gagne.

Qu’est ce qui te donnes envie de jouer aux échecs et que ressens-tu quand tu perds ? Quand tu gagnes ? 
Le fait de réfléchir dans une partie passionnante où il ne faut pas relâcher l’attention, ainsi que le gain en fin de partie et que j’ai l’impression d’avoir bien joué. La victoire me donne envie de jouer pour gagner à nouveau et éprouver cette satisfaction. Dans la défaite, je suis souvent dégoûté et j’ai encore plus envie de jouer que quand je gagne, afin de me surpasser et gagner.

Qu’est-ce qui t’intéresses dans ce jeu et que t’ont appris les échecs ?
Les échecs permettent d’apprendre à réfléchir et à mémoriser. Ils permettent aussi de s’exercer à prendre des risques réfléchis et non-suicidaires. C’est le fait de la multitude de parties différentes à jouer et la précision avec laquelle il faut jouer (on peut passer d’une position ultra gagnante, mais perdre sur une imprécision). Ils m’ont appris que rien n’est gagné par avance et qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Beaucoup d’adolescents arrêtent de jouer. Pourquoi continues-tu à jouer aux échecs ? 
Je continue, car depuis que j’ai commencé, j’ai toujours aimé les échecs et j’espère toujours les aimer.

Que pensent tes copains quand ils apprennent que tu joues aux échecs ?
Souvent, ils me disent qu’eux aussi jouent en famille et parviennent à battre leurs parents. Ils trouvent les échecs intéressants, mais sans plus. Certains veulent parier contre moi qu’ils pourront me battre. Un copain m’a même proposé un pari d’argent : le perdant donne 5 euros au gagnant. J’ai bien sûr accepté et je l’ai battu à plat de couture, mais je lui ai dit de garder son argent.

Combien de temps passes-tu pour étudier les échecs ?
Souvent, en rentrant des cours, je joue un peu, un peu avant de m’endormir, je regarde aussi les livres… Ça varie en fonction de mon temps libre. Je passe en moyenne une à deux heures par jour à jouer aux échecs.

Penses-tu que les échecs ne sont qu’un jeu ou quelque chose de plus ?
Beaucoup plus qu’un jeu ! Ils permettent de développer plusieurs facultés : concentration, mémoire, calcul, gérer des situations difficiles…

Que penses-tu de notre club ?
La Tpg est un club convivial qui propose plusieurs créneaux horaires pour ceux qui veulent apprendre à jouer aux échecs ainsi que plusieurs initiations et aussi les Échecs au parc. Les jeunes y sont bien accueillis et bien accompagnés dans leur apprentissage des échecs.

Selon toi que faudrait-il faire pour que plus de jeunes viennent au club ?
Les échecs ont l’image d’un sport ennuyeux. Les parents n’ont pas forcément envie d’inscrire leur enfant en club. Nous organisons plusieurs tournois et activités pour faire découvrir les échecs, mais je pense que c’est dans les écoles que les maîtres et les maîtresses doivent initier les élèves.

« La jeunesse montre l’homme comme le matin montre le jour. » John Milton, Paradis retrouvé.

2 RÉFLEXIONS SUR « LA JEUNESSE MONTRE L’HOMME… »

  1. Nul doute que Ryan est promis à un bel avenir !
    Bel interview et belle mentalité de ce jeune joueur…moi, j’aurai sans vergogne pris les 5 euros ; un pari est un pari !

  2. Je salue cette belle initiative de notre webmaster préféré. Les propos de Ryan sont très intéressants à entendre. J’ajouterai qu’en tant que directeur technique et arbitre, j’ai souvent sollicité Ryan pour participer aux différentes compétitions par équipe et il a toujours répondu favorablement à mes demandes. Un jeune passionné par notre jeu et un bel avenir s’ouvre devant lui.
    Bravo Rayan !

    Amicalement, jfc