Les Échecs au Parc fêtent leur 5 ans !

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Depuis 2012, notre club organise, de juillet à août, les Échecs au Parc, prenant ses quartiers d’été dans le cadre agréable de la Gare d'Eau. Vous y trouverez tables, jeux et pendules pour des blitz ou de plus calmes parties, tous les samedis d’été ensoleillés de 14 h 30 à 19 h. L’après-midi est ouvert à tous, adhérents et non-adhérents. Si le soleil se fait tirer l’oreille, nous nous retrouverons au Pixel, sous le hall du FRAC, 18 avenue Gaulard, alternative sympathique pour les samedis pluvieux. Parking gratuit de la Préfecture. Avant de venir nous retrouver, jetez un œil sur la page d’accueil afin de vérifier où nous serons.

Premiers Échecs au Parc, le samedi 9 juillet.

Interné comme fou à cause d’un tub !

Un étonnant article paru le 25 mars 1897 dans le Gil Blas, évoquant les troubles du vieux Steinitz d’une bien étrange manière :

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Interné comme fou à cause d’un tub !

« C’est pourtant cela qui est arrivé à Steinitz, le célèbre joueur d’échecs, et voici comment. Le joueur souffrait d’une excessive fatigue lors de son dernier match contre M. Lasker, à Moscou. Il recourut alors à un remède qui lui réussissait habituellement fort bien : l’hydrothérapie. Et, en effet, ses nerfs surexcités ne tardèrent pas à se calmer sous l’influence de l’eau glacée. Mais il avait compté sans ses hôtes : l’usage du tub n’est pas encore passé dans les mœurs slaves, de sorte que ses ébats aquatiques parurent à une Moscovite, qu’il avait engagée comme secrétaire, une preuve évidente de sa folie.

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La misérable courut avertir les autorités et, malgré ses protestations, il fut interné dans un asile d’aliénés des environs de Moscou. Il fallut plusieurs semaines de démarches pour obtenir son élargissement. M. Steinitz a déclaré, d’ailleurs, qu’il n’avait souffert aucun mauvais traitement pendant son séjour dans l’établissement de Moscou. Il n’en est pas moins enchanté d’avoir recouvré sa liberté et de pouvoir aujourd’hui satisfaire sa passion de la douche sans risquer la cellule et la camisole de force.

Ce sont bien des Slaves qui s’lavent pas », conclut ironiquement le journaliste avec cette petite pointe de suffisance raciste propre à la pas si Belle Époque.

L’article dans sa version originale sur Rétro News.

La réalité semble avoir pris une tournure moins drolatique. Profondément ébranlé par la perte de son titre devant Lasker, Steinitz décida, après le match, de s’investir dans un projet de livre The Jews in Chess*. Début 1897, souhaitant le dicter à une sténographe simultanément en anglais et en allemand, il embauche une secrétaire russe qui parlait couramment les deux langues. Ils travaillaient dans sa chambre d’hôtel. Mais le comportement du vieil homme parut rapidement étrange à la jeune fille. Et, s’il est vrai qu’elle trouvait insolite que ce vieil homme s’étrille quotidiennement à l’eau froide en plein hiver, d’autres faits plus alarmants l’alertèrent : ces ablutions étaient suivies de longues déambulations pendant lesquelles il se parlait à lui même, passant de temps en temps sa tête par la fenêtre, marmonnant des mots incompréhensibles, lui expliquant qu’il pouvait téléphoner sans l’aide d’aucun appareil, seulement par la force de sa volonté et il restait planté au milieu de sa chambre à parler ou chanter bruyamment, semblant attendre une réponse. Sa secrétaire le surprenait à écouter des bruits qu’elle n’entendait pas. La fille de l’hôtel remarqua également l’attitude singulière de son hôte, allant chercher de la neige dans la rue pour la rependre sur le plancher de sa chambre. Une dernière scène convainquit la secrétaire de la santé mentale vacillante du vieux bonhomme : elle le découvrit devant sa fenêtre ouverte (en plein hiver à Moscou), parlant et chantant à tue-tête, assuré de pouvoir être entendu à New York s’il le voulait. Elle prévint le consul américain et il fut décidé, le 9 février, de le conduire à l’asile où il restera hospitalisé plus d’un mois.

* Les Juifs dans les Échecs.

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Saumur — Troisième journée

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7 h 44 — Souhaitant épargner l’énergie de notre président et ami, je le remplacerai, ce matin, devant l’échiquier. Ne pouvant être au four et au moulin, les prochaines nouvelles, donc, vers 13 h.

Ronde 4 – Forfait administatif, la Tpg perd 4 – 0 !

8 h 15 — Je remplace, donc, à la 4e ronde notre président fatigué (pas très loin de la confusion mentale, selon moi), au premier échiquier (je sais, ce n’est pas une bonne idée), mais, nous assure notre capitaine, directeur technique, arbitre, c’est la réglementation en vigueur. C’est-à-dire, vieille de dix ans ! Nous annulons le match difficilement, quand l’arbitre nous averti que je devais entrer au 4e échiquier ! Nous alignons quatre zéro — Nous demandons Bernard, Anh-Hoang et moi, la démission immédiate du président pour insuffisance cérébrale et du capitaine pour incompétence.

Ronde 5

10 h 30 — Premier ou quatrième, pour moi pareil au même, je me fais planter un sacrifice de cavalier en f7 qui me fait regretter de ne pas être resté derrière mon ordi. Anh-Hoang, qui hier a plutôt assuré, ressent la fatigue et aligne la deuxième défaite de la matinée. Corsinet, en manque de temps et risquant de perdre la dame, accepte le nul. Bernard a gagné.

12 h 14 — Nous attendons, sans impatience, le classement.

13 h 30 — Comme la remise des prix traîne un peu, nous filons à l’anglaise. Nous apprendrons sur le chemin du retour, avec soulagement, que nous sommes avant-derniers !

Quinzième sur seize, oui, mais quinzième sur les 630 du début de la compétition en novembre ! Et pour faire taire les moqueurs, nous ne ramenons pas la coupe, mais revenons avec, pour moi, l’essentiel : plein de bons moments amicaux partagés.

3 réflexions sur “ Saumur — Troisième journée ”

  1. 4°ronde, ben alors, c’est quoi tous ces « A » et ce 4-0…Ca sent la faute sur tapis vert…..Claude, avais tu le droit de jouer?? au 1er??
    Moi qui pensais voir les cavaliers de l’apocalypse tout déchirer….
    Bon, haut les cœurs, et on termine en beauté.
    Que la force soit avec vous!

Saumur — Deuxième journée

Ronde 1

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13 h 30 — La première ronde débute avec un peu de retard.  Quelques discours officiels, en particulier du sympathique Damir Levacic, depuis peu dans la région et chargé de développer notre jeu. La Tpg affronte Agen : Daniel au premier échiquier avec les Blancs, puis Bernard, Anh-Hoang et Jean-François.

14 h 30 — Après une heure de jeu : la position de Daniel semble équilibrée, les Dames ont été échangées, il a une majorité de pion à l’aile Dame.  Bernard avec les noirs met la pression  sur la colonne c, ouverte pour lui. Anh-Hoang a un pion de plus. Corsinet à tous ses pion liés, la colonne b ouverte en sa faveur, son adversaire a le pion a isolé…

14 h 45 — Corsinet a annulé au dernier échiquier avec les noirs. Bernard gagne au temps, mais il avait le gain. Anh-Hoang finit par valoriser son pion de plus.

15 h 40 — Daniel me semblait mieux pendant la partie, mais en manque de temps, laisse sa position se détériorer. Finale de fous de même couleur avec un pion de moins perdante, mais son adversaire panique et le président annule in extremis !

Première victoire de la Tpg !

Ronde 2

Cette fois-ci, la Tpg est opposée à une équipe de jeune de Paris Jeen, moyenne d’âge tout juste 14 ans, mais Dieu du Ciel , qu’est-ce qu’ils ont les dents longues ! Le match sera difficile !

18 h 00 — Ce que je craignais, c’est produit ! Daniel et Corsinet se font exploser. Bernard manque un rayon X qui lui asurait le gain (½) et Anh-Hoang, ½.

Ronde 3

Contre les Girondins de Créon. Bernard Py est à mes côtés, dépité, au bar en face de la salle du tournoi, où je peux bénéficier de la Wifi. Il a perdu rapidement avec les blancs, dans une variante d’échange de l’Espagnol mal maitrisée. Sous la menace d’un mat en 2, il se voit forcé de donner sa dame et abandonne. Les trois autres gaillards jouent encore.

19 h 45 — Corsinet cloue et gagne un cavalier — Les parties demain. Nous sommes tous un  peu fatigué. Ce soir relâche. L’organisateur nous offre un resto au centre ville.

20 h 19 — Anh-Hoang, avait un pion de plus, mais ne peut plus progresser, son adversaire le bloque par un échec perpétuel —  Daniel ne me semble pas très bien

20 h 25 — Daniel vient de perdre, quel que soit le résultat de Corsinet, nous avons perdu la troisième ronde.

20 h 39  —  Corsinet mat son adversaire ! A demain…

Bilan de cette première journée de compétition : 1 point sur 3.

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21 h — Un bon petit repas en terrasse sur l’un des charmantes place de Saumure aux vielles maisons à encorbellement, rassérène quelque peu les idées noires de notre Cadre Noir.

2 réflexions sur “ Saumur — Deuxième journée ”

 

Saumur — Première journée

Le voyage

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9 h 05 : Je passe prendre notre président à son Élysée qui grimpe en faisant la moue dans ma Fiat 500 — Nous retrouvons Anh-Hoang qui se tasse à l’arrière.
10 h 05 : Nous débarquons à la retraite sylvestre de l’aimable Corsinet — Jfc prend son carrosse (selon le terme du président, plus proche de la bétaillère selon moi) — Direction Dijon pour récupérer l’homme des vignes et en route pour Saumur et la Gloire !
11 h 45 : Le costaud vigneron nous attend devant son immeuble — Petite pause.
12 h 03 : Sur le périphérique de Dijon en route vers Saumur et la Gloire !
12 h 15 : Panique présidentielle — Il a perdu son portable — Je fais sonner le portable du président. Nous écoutons religieusement… Silence… Angoisse présidentielle…
12 h 16 : Le brahmane Corsinet, le sage qui parle aux pierres, s’inquiète de le voir si peu éveillé. Il doit se détacher des biens terrestres, lui dit-il. Je lui rappelle également le conseil de ce philosophe allemand qui nous invite à nous enrichir de tous les biens dont on saura se passer — Nous pensions que ce condensé de sagesses hindoues et germaniques réunies allait guider notre très cher président vers les voies de l’éveil.
12 h 17 : Pas du tout éveillé notre président, mais alors pas du tout — En rogne qu’il est, notre président…
12 h 19 : Sur le périphérique à l’heure de pointe — Retour vers l’immeuble du vigneron — Bernard, pourtant incarnation de l’optimisme terrien, émet de sérieux doutes sur les retrouvailles président-téléphone.
12 h 40 : Devant l’immeuble du costaud, nous fouillons le parking sans succès — Désespoir profond du président… quand il s’aperçoit qu’il était assis sur son portable et que son auguste fessier présidentiel en a assourdi la sonnerie. Car pour une belle sonnerie, c’était une belle sonnerie.
12 h 45 : Joie présidentielle sans borne — Soulagement béat de notre part. Nous redoutions un week-end d’enfer si notre très estimé président n’avait point retrouvé sou joujou androïde.
12 h 49 : Sur le périphérique de Dijon en route vers Saumur et la Gloire !
13 h 30 : Pause déjeuner paisible
14 h 15 : Avant de remonter dans la bétaillère, nous exigeons que le président ouvre son sac — Nous constatons que le téléphone est bien là.
14 h 16 : Sur l’autoroute A10 en route vers Saumur et la Gloire !
17 h 55 : Arrivée à l’hôtel.

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18 h 30 : Repérage de la salle du tournoi sur les hauteur de la jolie petite ville de Saumur — Nous y retrouvons le maître international Damir Levacic, ami de longue date de la Tpg — Damir nous conseille un restaurant troglodyte pour nous détendre de ce long voyage et y déguster les fouées, petites boules de pâte à pain, cuites rapidement dans un four à bois, et que l’on garnit ensuite de rillettes, de fromage de chèvre — Il viendra nous y rejoindre plus tard.
22 h 35 : Briefing du capitaine Corsinet entre la poire et le fromage. « Cela fait 10 ans que la Tpg n’a pas été dans une finale de la coupe Loubatière. Une finale ne se joue pas elle se gagne. On joue en équipe, on prend des risques. Daniel et Bernard assurent. Anh-Hoang et moi prenons les risques »…
23 h 58 : Nos tpgistes vont se coucher boostés par cet harangue viril — Rêve de Gloire ! — Première ronde : demain, 13 h.

A suivre…

Deux réflexions sur “ Saumur — Première journée ”

Philippe

Bonne route, bon courage et bonne chance à tous!!! Vous nous rapportez une autre coupe, hein?! Vous avez pensé à emporter le coffre magique de l’équipe 1 ?

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Bonjour à vous cinq !
Je garde un œil attentif sur vos tribulations saumuroises.
Vivement le directlive de 13h !
Pour le retour, je conseille à Daniel le mode vibreur.
A++. Eric.

Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse

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Une grande première pour notre site. Vous pourrez suivre une compétition où une de nos équipes est engagée. Les parties seront postées tout de suite après la ronde et je tâcherai de vous commenter le déroulement en direct de chaque partie avec la position (si l’arbitre me permet de prendre des photos au cours des parties). Vous suivrez, comme si vous y étiez, la charge de nos quatre cavaliers qui seront, je l’espère, de l’apocalypse pour leurs adversaires.

Coupe de Franche-Comté pour la TPG !

Après la victoire convaincante à Montbéliard en 1/2 finale, le capitaine JFC reconduit logiquement la même formation. Nous recevons pour la finale nos amis de l’Échiquier Vésulien qui rêvent d’un doublé coupe – championnat.

Le premier résultat arrive avec la nulle de Jean-Marie Sainthillier (1759) qui annule avec les blancs au 4e contre Félix Nadal (1795). Au 2e avec les noirs, Valentin Racle (2088) opposé à Frédéric Bauer (1910) lance une attaque victorieuse contre le roi resté au centre. Au 1er échiquier, Quentin Poignot (2152) mène les blancs face à François Constantin (1855) et augmente progressivement la pression. Le mat arrivera au 40e coup. La victoire est alors acquise, la 5e lors des 6 dernières éditions ! Il reste une partie au 3e échiquier où Jean-François Corsini (1593) est bien à la peine avec les noirs face à Pascal Carreau à qui il rend plus de 160 points. Suite à une imprécision de son adversaire JFC gagne le pion passé en e6 et Pascal accepte la proposition de nulle maintenant qu’il a 1 pion de moins.

Score final 2-0 en faveur de la TPG !

La saison n’est pas tout à fait terminée au niveau équipe. Nous serons présents à Saumur le week-end prochain pour la finale nationale de la coupe Loubatière. Vous pourrez suivre les péripéties de nos joueurs sur le site grâce à votre webmaster préféré qui sera du voyage !

Le directeur technique Jean-François Corsini

UNE RÉFLEXION SUR “ COUPE DE FRANCHE-COMTÉ POUR LA TPG ! ”

Blitz et Fête du Club

Vingt-quatre participants, mais avec une forte moyenne elo à 1890 pour ce dernier blitz de l’année. Pas une surprise si je vous annonce la victoire de notre GM Alexeï Charnushevitch, suivi de peu par Loïc Dasprès qui nous revient de Bordeaux pour un petit bonjour et notre Quentin, habitué à la première place de nos tournois, dut se contenter modestement de la troisième place.

La page du tournoi

La journée s’est conclue par un apéritif et notre repas annuel de fin d’année à la Brasserie Fontaine-Argent où nos trois acolytes portiers vous invitent à entrer au travers de quelques photos.

Cours Adulte

Deux parties de Kasparov
16.05.21

Trouverez-vous ce que joua Garry contre Kramnik en 1994 ?

Un clic pour la solution :

Garry Kasparov est tout sauf un petit joueur. Grand-maître des échecs, il a réveillé l’intérêt médiatique pour ce sport et l’a écrasé de sa suprématie pendant dix ans. Tout joueur préfère rester avec sa paire de fous en prévision d’une future finale où ils seront forts. Quentin nous montre comment un grand-maître prouve une fois de plus que, après un magistral sacrifice, le génie est de savoir quand transgresser les règles.

Le Roi des Échecs

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Article du Matin paru le 25 décembre 1901 dans le style inimitable et charmant des journalistes de la Belle Époque : le Dr Lasker donne une simultanée dans un café parisien.

Le docteur Lasker aux prises avec quarante adversaires — Les péripéties des parties — Sept heures sur la brèche — Les résultats — En fumant des cigares

Là-haut, dans la salle des fêtes d’un café du boulevard de Strasbourg, quarante tables ont été mises bout à bout, en deux rangées parallèles, séparées par un intervalle d’un mètre environ dans lequel évoluera tout à l’heure M. le docteur Lasker, champion du monde du jeu d’échecs. Sur chaque table, a été placé un échiquier garni de ses pièces, et, devant chacun d’eux, un joueur est assis. Lasker, que le noble sport qu’il professe depuis sa jeunesse a finalement conduit jusqu’à la chaire de mathématiques de l’université de Manchester, se propose de tenir tête à quarante joueurs, simultanément. Et tous les membres du Cercle Philidor sont là, attendant l’attaque.

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La petite Mme X. qui est brune et jolie, et qui, de plus, manœuvre les tours et les fous avec une incomparable virtuosité, a voulu opposer sa science à celle du célèbre docteur. Et M. X. son mari, très obligeant et fort empressé lui a cédé sa place sur le front de bataille. Elle va tenter, comme les autres, de faire mordre la poussière au champion.

Premiers engagements

Huit heures du soir. M. Lasker fait son entrée, et, immédiatement, la partie commence.

C’est ça, le champion ? fait Mme X. fort irrévérencieusement. Oh ! mais, alors, je vais le « mater » en dix coups ! Elle esquisse une moue de défi.

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Il est certain que, physiquement, il paraît un peu chétif, M. Lasker, tout maigriot dans son smoking ; il se présente avec un sourire malin, ses petits yeux noirs pétillent d’une flamme astucieuse, il allume un cigare…

Les premières escarmouches sont peu graves. On avance des pions de part et d’autre, on en prend quelques-uns pour se donner de l’air, puis on attaque. Le champion est maintenant devant l’échiquier de Mme X…

Comment parera-t-il ce coup-ci ? dit la fine brunette à son voisin. Nous allons bien voir s’il est aussi fort qu’on le dit. Et, audacieusement, elle pousse une pièce qui vient menacer le roi. Mais, à la stupéfaction de tous, M. Lasker ne pare rien du tout, il se contente de pousser délicatement un petit pion, le met à la place de la pièce et, prenant celle-ci entre le pouce et l’index, il la pose à côté de l’échiquier. Premier cadavre !

La jeune femme demeure bouche bée, elle n’avait pas vu le petit pion. Oh madame ! Et, prenant sa tête dans ses mains gantées, s’il vous plaît — elle médite un « coup de Trafalgar » comme elle dit, fixant opiniâtrement les pièces du jeu, comme pour les hypnotiser. Pendant ce temps, avec des mouvements réguliers et précis d’automate, M. Lasker poursuit son chemin autour des tables, restant à peine un quart de minute devant chaque échiquier, prenant une pièce par-ci, en poussant une autre par-là. Puis il allume un second cigare.

Le voici de nouveau devant Mme X. Celle-ci avance une reine qui paraît terrible et qui vient menacer tout le jeu du champion. Alors, avec un sourire, le docteur Lasker touche du doigt un autre petit pion.
Casse-cou ! s’écrie quelqu’un à ses côtes !
Ah ! Je n’avais pas vu ça ! fait Mme X. Et, vite, elle remet la reine à la place qu’elle occupait auparavant.

C’est à onze heures seulement que le premier joueur est fait échec et mat. On applaudit et, pour se récompenser de ce succès, M. Lasker allume un troisième cigare. Mon Dieu s’il continue comme cela, combien en fumera-t-il dans la soirée ? Minuit et demi. Cette fois, M. Lasker réfléchit longuement. Il se trouve en face d’un vieux renard, d’un fin matois, qui ressemble à s’y méprendre à M. Thiers : Et Thiers vient de tenter un coup qui est tout près de réussir. Pour le moment, le champion parvient à le parer et il poursuit sa promenade sans fatigue apparente.

Le voici de nouveau devant la petite dame. Elle a bien réfléchi, bien mûri son plan, et elle avance une tour qui doit complètement sauver la situation. Mais alors, voici la tour qui est prise ! Mme X. riposte : c’est un fou qui est enlevé ; un cavalier, puis la reine disparaissent successivement de l’échiquier. Quelle hécatombe ! Alors, la petite dame adresse son plus gracieux sourire à son vainqueur.
J’ai perdu, fait-elle.
— Absolument exact ! reprend M. Lasker, qui prononce à l’anglaise.
Et il salue, et il allume un autre cigare, le quatrième. Cet homme fait décidément beaucoup de fumée.

De plus fort en plus fort

Nous croisons le président du cercle, fort empressé, qui se plaint que le jeu d’échecs soit si peu en Honneur en France. Le Cercle Philidor, qui comprend deux cent cinquante membres environ, est unique en France. En Angleterre, à Londres, par exemple, il n’existe pas moins de deux cents cercles de joueurs d’échecs !

Et, comme nous parlons du docteur Lasker, le héros de la soirée, M. Delaire nous dit que le docteur veut tenter plus fort encore. Il tient le pari qu’il jouera vingt parties sans voir ! Morphy avait accompli ce tour de force en jouant huit parties simultanément. Mais vingt ! Est-ce vraiment possible ? Il paraît que oui, si nous en croyons les assertions du président.

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Maintenant, nous observons les joueurs. Ils sont tous penchés sur l’échiquier, le crayon à la main, étudiant le prochain coup, pendant que, derrière eux, debout, des spectateurs discutent. Voici deux heures. Tour à tour, la plupart des membres du cercle sont « tombés » par le docteur qui, maintenant, ne se trouve plus qu’en présence de quelques sujets de première force. Et Thiers, qui a médité un coup, prononce la phrase magique :
Échec et mat !
M. Lasker n’a qu’à s’incliner. Naturellement, il ne peut gagner toutes les parties. Il se contente d’allumer un cigare, le cinquième.

Mais voici trois heures. Il faut terminer le tournoi. Aussi, le docteur précipite ses coups ; ses reines ont sur les échiquiers des mouvements désordonnés. Elles triomphent !… La voilà bien la puissance de la femme ! M. Lasker a gagné trente-cinq parties, il en a perdu trois, et une a été déclarée nulle. Il ne reste plus qu’un adversaire qui résiste. Encore un dernier effort, et ce dernier lutteur s’annonce vaincu. Alors, M. Lasker allume un douzième et dernier cigare, salue et disparaît, au milieu des applaudissements de l’assistance. Il est trois heures un quart.

L’article dans sa version originale sur Rétro News.

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Analyse de partie

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Bernard Pellaton et Giuseppe Coratella

L’ami Giuseppe nous quitte, mais rassurez-vous, que pour la période estivale. Notre géant nous revient en septembre après des vacances transalpines. Pour fêter son année passée parmi nous, Giuseppe nous a offert, en plus de son sourire, un petit verre de vin de son beau pays qui nous a mis un petit brin de soleil d’Italie sur les papilles et cette belle partie gagnée de fort belle manière.

Plus de photos

Blitz de Besançon

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Comme chaque année, mais pour cette fois dans le cadre de la brasserie Le Fontaine-Argent, 7 rue de la Mouillère, le samedi 18 juin avant la fête du club, la TPG achève la saison par son tournoi de blitz comptant pour le Championnat Rapide de Franche-Comté. 1er Prix : 100 €, 100 % des inscriptions reversées. Nombreux prix par catégories. Cadence : 11 rondes de 2 x 5 min. Adultes 10 € et Jeunes 5 €. Les inscriptions peuvent se faire en ligne ou sur place lors de la première ronde à partir de 14 h 30. Clôture des inscriptions à 14 h 55. Les résultats seront disponibles sur la page du tournoi. La compétition sera suivie de notre repas annuel réservé aux membres et amis du club. Si vous pensez venir, inscrivez-vous maintenant, cela incitera d’autres à le faire ! Voici les joueurs déjà inscrits.

Fête du club au Fontaine

Comme chaque année, après le dernier blitz de la saison, samedi 18 juin, se tiendra la fête du club réservée aux adhérents et amis. Elle aura lieu cette année à la brasserie  Le Fontaine-Argent, 7 rue de la Mouillère. Apéro à partir de 19 h. Clôture des inscriptions, le vendredi 17 juin impérativement. Menu adulte 24 € (14 € pour étudiants et chômeurs), menu enfant 12 €. Le repas est offert aux jeunes du club qui participeront au tournoi de blitz. Le club participera pour 4 € pour chaque adhérents.

Menu

Coupe Loubatière

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Après avoir franchi brillamment les phases départementales, régionales et interrégionales, la Tpg est qualifiée pour la finale en cinq rondes, les 25 et 26 juin à Saumur avec 16 équipes, 14 issues des qualifications, plus le vainqueur de l’an passé et le club organisateur sur les 630 au début de la compétition en novembre !

Grande première pour notre site, une retransmission quasi en direct d’une compétition où nos valeureux camarades, Daniel Blardone, Jean-François Corsini, Bernard Py et Anh-Hoang Tran (Tuan-Anh Tran, retenu par des obligations, cède, désolé, sa place à notre président) vont se couvrir de gloire. Du moins, z’ont intérêt, que je ne me sois pas tapé 600 km pour des clous ! Je posterai les parties de nos gaillards juste après la ronde, mais vous rendrai compte, pendant la ronde du déroulement de chaque partie.